LES lieux communs tels « qu'il vaut mieux grandir dans une famille de médecin du centre-ville d'une métropole du Sud que dans une famille ouvrière du Nord de la France » ont la vie dure… Avec son étude « Géographie de l'école », version 2011, qui vise à repérer les disparités géographiques du système de formation français, le ministère de l'Education nous offre un éclairage plus nuancé.
Chacune des 26 académies de France métropolitaine affiche un profil différent en fonction de son contexte économique, entraînant nombre d'inégalités. Toutefois, dans l'académie de Reims, on découvre de belles surprises, comme l'ascenseur social que peut constituer l'enseignement, en témoigne le plus fort taux national de présence d'élèves issus de classes sociales plus défavorisées au bac.
Mises en lumière par les chiffres, qui confirment parfois les lieux communs, nombre d'inégalités restent à aplanir… En attendant voici quelques instantanées concernant l'Académie de Reims qui regroupent les quatre départements de la région Champagne-Ardenne.
Les élèves de catégories sociales défavorisées très présents au bac
Académie plus rurale, Reims peut s'enorgueillir de compter une forte proportion d'élèves venant des classes sociales plus défavorisées dans les trois types de filières du lycée : 27 % dans la voie générale (20 % au niveau national), 44 % en voie technologique (35 % pour la France), et près de 60 % dans la voie professionnelle (48 %). Ces chiffres en font, avec celle de Nancy, l'académie la plus « ascenseur social ».
Un faible taux d'occupation des lycées
Loin du quasi-surpeuplement du littoral méditerranéen, le taux d'occupation des lycées, le nombre d'élèves par rapport à leur capacité d'accueil, ne s'élève qu'à 70 % pour Reims, le troisième plus faible taux des académies métropolitaines, derrière celles de Lille et de Clermont.
Plus d'internats
Plus fréquents dans les lycées des académies rurales, presque tous les établissements de celle de Reims bénéficient d'un internat ! Plus de 9 lycées de Champagne-Ardenne sur 10 en sont dotés, le deuxième score le plus élevée derrière l'académie de Limoges, largement au-dessus de la moyenne nationale : 57 % et seulement 9 % à Paris….
Moins de profs agrégés
La qualité de l'enseignement offre une large diversité si l'on se réfère à la proportion de professeurs agrégés dans le secondaire. Reims se situe dans le bas du classement avec seulement 10 %, contre presque 25 % à Paris et 12 % de moyenne nationale.
Moins de profs tout court
Illustration de l'activité démographique, le taux de migration du nombre d'enseignants affiche un solde négatif supérieur à 2 % pour Reims, l'un des plus bas taux avec Amiens et Créteil, alors qu'il dépasse +1,5 % à Nice et Toulouse. Mais l'Ouest, Rennes et Caen, demeure attractif.
Des enseignants plus jeunes
La répartition des enseignants tend à l'image d'Epinal : les jeunes au Nord, les vieux au Sud ! Les destinations des profs varient selon l'âge : les plus attractives, vers l'Ouest, le Sud et les DOM, sont privilégiées par les enseignants en fin de carrière, tandis que les moins recherchées, vers l'Est ou le Nord, concernent plutôt des affectations de début de carrière.
Plus de bacs Pros et moins de bacs généraux
A la sortie de la 3e, les élèves de l'académie de Reims se dirigent plus fortement vers un cycle professionnel que nationalement (41 % contre 38 %) même si plus de la moitié des jeunes intègrent une 2nde générale ou technologique (51 %). Cela reste sous la moyenne de France métropolitaine, 55 %.
Plus de décrochages et moins de niveau bac
Deux grands objectifs ont été assignés dès 1989 à notre système éducatif : amener 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat et assurer à tous les autres une qualification minimale, de niveau CAP-BEP.
En 2008, 70 % des jeunes métropolitains ont quitté l'enseignement secondaire au niveau du baccalauréat et 7,5 % avant la fin du second cycle. Reims se situe parmi les mauvaises académies avec des taux de 67 % d'une part et de 9,5 % de l'autre.
Des taux de réussite en retrait
En l'espace de dix ans, le taux de réussite au brevet (DNB) est passé de 74,7 % à 82,7 % au niveau national. En 2009, il était en dessous de 81 % à Reims, trois autres académies seulement ayant de moins bons taux (Créteil, Nancy-Metz et Lille). Depuis, la réussite est montée à 83 % cette année selon le Recteur Philippe-Pierre Cabourdin.
Quant au taux de réussite du bac, il se situait à un peu plus de 86 % nationalement en 2009 alors que Reims se trouvait sous les 85 %, plaçant cette fois cinq académies derrière elle. En 2011, ces taux sont de 86 % pour le bac général, de plus de 80 % en bac technologiques, et de 81 % en bac pro. « Nous rattrapons les retards par rapport à la moyenne nationale », s'est félicité hier le Recteur de Reims.
Moins d'étudiants à l'université
Foultitude des formations alternatives ? Toujours est-il que moins de 55 % des étudiants de notre académie sont inscrits dans une université (contre 62 % au niveau national). D'ailleurs, moins de 50 % des bacheliers des séries générales rejoignent ensuite l'université, alors que la moyenne hexagonale s'inscrit à 54 % en 2009.
Plus d'étudiants en fac de médecine et à l'IUT
Les étudiants se répartissent de manière atypique dans l'académie de Reims. Elle accueille ainsi la plus forte proportion d'étudiants en médecine-pharmacie (20 % contre 15 % en moyenne) et en IUT (30 % contre 20 %).
Grosses difficultés de lecture
Les JAPD, Journée d'appel de préparation à la défense, qui viennent de changer de nom, permettent de mesurer les difficultés de lecture des jeunes de 17 ans. A l'échelle nationale, 10,6 % des jeunes ne comprennent pas ce qu'ils lisent. Dans l'académie de Reims, ils sont presque 13 % dans ce cas, le plus mauvais résultat de métropole si l'on excepte Amiens (14 %).
Plus de caries mais moins d'asthme…
La dernière enquête Santé en milieu scolaire, en 2005-2006, concernait les élèves de grande section de maternelle, soit 5-6 ans. Elle a permis de mettre en lumière les problèmes dentaires dans l'académie de Reims avec plus de 25 % des enfants présentant au moins deux dents cariées, proportion la plus élevée de France avec Lille, Strasbourg et Amiens.
A l'inverse, Reims présente seulement 4 % d'enfants souffrant d'asthme, seul Besançon fait mieux avec 2 %, alors que Caen ou Nantes grimpent à 11 %.