ET ça continue pour le bassin industriel rémois. Cette fois, ce sont les 82 salariés de Plastique Technique Champenois, firme située sur la zone de Saint-Léonard, qui sont directement menacés.
La direction, devant les difficultés accumulées depuis de trop nombreux mois, a été contrainte de déposer son bilan fin janvier près du tribunal de commerce de la cité des sacres. Avec une autorisation de continuation de l'activité jusqu'au 29 juillet.
Une illustration criante et cruelle de la crise que traversent le secteur automobile et ses sous-traitants. Après l'épisode des Bosal et la perte de 93 emplois pour la commune de Beine-Nauroy, c'est au tour de PTC de devoir passer entre les mains des magistrats. Un coup dur pour une entreprise qui a déjà dû se séparer d'un tiers de ses effectifs il y a un an de cela. Et déjà pour les mêmes raisons.
« Même s'il y a une volonté affichée des personnels de se sortir de ce mauvais pas, on sait très bien qu'un plan de licenciement va devoir être mis en place », assure Christian Noël, secrétaire du CE et représentant Force Ouvrière des salariés.
La chute chronique de la vente des automobiles françaises a bien évidemment des répercussions sur les sous-traitants. En effet, PTC, qui voit son carnet de commandes principalement destiné aux marques françaises n'arrive plus à écouler ses pièces moteur. « Nous avons peut-être cherché une diversification un peu tardive. Aujourd'hui, il nous reste six mois devant nous pour tenter de sortir la tête de l'eau », continue le responsable syndical.
Trois plans en sept ans
Ce n'est malheureusement pas la première fois que Plastique Technique Champenois doit faire face à une dégradation de ses finances. Le prochain plan social envisagé (on ne sait pas encore combien de salariés sur les 82 pourraient être concernés, NDLR) sera le troisième pour cette entreprise sur les sept dernières années.
Il y a un an, quasiment jour pour jour, 34 personnes étaient licenciées. Début 2007, à l'époque PTC s'appelait Mediaplast, ce sont 98 salariés qui avaient été remerciés. Sous peine de voir toute l'entreprise sombrer. « Nous avons des personnes qui ont près de trente années d'ancienneté avec une moyenne d'âge assez élevée. Financièrement, il faut que nous tentions de redresser la barre. Mais si on passe par la case PSE, et il n'y a plus trop de doutes là-dessus, on sait très bien que la situation des futurs licenciés sera très compliquée. »
132 postes perdus sur les six dernières années, un autre plan social à venir, la sous-traitance automobile va mal. Et le manque d'élargissement du carnet de clientèle de ces entreprises, qui travaillent quasiment exclusivement avec des firmes françaises, n'arrange rien à l'affaire.
Thomas DUPRAT
Sollicitée hier ainsi que la semaine passée, la direction de PTC n'a pas donné suite.