HIER SOIR, après quinze jours de polémique, Dieudonné s'est finalement rendu à Reims, place Saint-Symphorien. Dès 19h20, ils étaient déjà une trentaine à attendre l'humoriste controversé qui avait installé son bus théâtre « Rosa Park » sur la place pour l'événement.
Vers 20h, ils étaient une soixantaine à prendre place dans l'autocar. A proximité du bus, un petit groupe de dix à quinze anti-Dieudonné s'était rassemblé pour manifester contre la venue de celui-ci. Alors que les spectateurs étaient à bord du car, très calmes, les responsables du spectacle ont décidé de sortir de la ville pour être plus tranquilles et éviter l'incident.
C'est à ce moment que les anti-Dieudonné se sont assis devant l'autocar pour perturber le départ. Les forces de l'ordre sont alors intervenues pour déplacer les anti-Dieudonné et permettre au car de circuler dans les rues rémoises. Mais les anti-Dieudo - certains cagoulés - en voiture ont alors tenté de stopper la progression du bus.
La police est intervenue une seconde fois et le bus a ainsi pu prendre la route, nons sans endommager l'aile gauche de la voiture d'un manifestant. Arrivé à Saint-Remi, le bus a été immobilisé par la police, qui a alors décidé de l'escorter celui-ci jusqu'à bon port, en l'occurrence une aire d'autoroute du côté de Dormans.
« Tous sont tombés dans le panneau »
Dieudonné est arrivé à part. Il est monté dans l'autocar, transformé en petit théâtre. Lorsque le rideau rouge s'est ouvert, les soixante passagers spectateurs scandaient le nom de l'humoriste et le spectacle a enfin pu débuter.
Beaucoup en ont pris pour leur grade. Hazan en premier lieu, puis Le Pen et Faurisson. « J'ai demandé à Jean-Marie d'être le parrain de mon gamin et tous sont tombés dans le panneau. Je leur ai mis bien profond, c'était mon premier attentat humoristique », a expliqué Dieudonné aux Rémois.
Puis il a commencé à parler de Faurisson, expliquant qu'il voulait faire mieux qu'au coup précédent : « J'ai appelé Robert, le gars qui renie tout, et je me suis dit que j'allais faire encore plus fort. Là encore, en plein dedans ! Tout le monde a parlé de moi : le nazi par ci, l'antisémite par là, etc. ». La soirée s'est terminée avec une séance de dédicaces, toujours sur l'aire d'autoroute.
« Dieudonné, il m'a fait trop rire ! Pourquoi il n'y a pas autant de bordel quand Bigard ou un autre comique vient à Reims ? Coluche aussi, on l'empêchait de faire rire, mais il y arrivait quand même ! Eh bien, c'est la même chose pour Dieudo », raconte François.
Les organisateurs ont alors demandé aux Rémois de remonter dans le bus pour le retour vers la cité des Sacres. Quant à l'humoriste, un 4x4 l'attendait, il est reparti de son côté.
Hormis les petits accrochages de début de soirée, hier à l'heure où nous écrivions ces lignes, aucun autre incident n'avait eu lieu.
Thierry ACCAO FARIAS