POUR l'heure, cette augmentation du niveau des taxes sur la bière reste du domaine de l'hypothèse.
Cependant, les rumeurs qui circulent n'ont pas mis longtemps à faire réagir les établissements proposant ces types de boissons. Idem pour les amateurs de ce breuvage.
En terme global, la taxe sur la bière rapporte environ 300 millions d'euros par année à l'État. Le but de cette éventuelle réforme serait de doubler purement et simplement ce plafond. C'est du moins ce que rapportent nos confrères des Échos dans un article de la fin de semaine passée.
« Taxons vin et champagne de la même manière ! »
Dans la cité des sacres, comme partout ailleurs, la grogne monte. « Il y a quelques années, on nous baisse la TVA sur la restauration. Et aujourd'hui, on nous taxe déjà sur les alcools forts. Et on voudrait en remettre une couche avec la bière. Je ne vois pas comment, pour conserver ma maigre marge, je ne devrais pas répercuter le doublement de prélèvement prévu sur le consommateur », prévient un cafetier, situé place d'Erlon.
Un autre, plus amer encore, envisage, si cette taxe est bel et bien mise en branle, de supprimer purement et simplement les happy hours (ce créneau horaire où les boissons sont généralement proposées à moitié prix).
Pour le ministère de la Santé, il s'agit aussi de faire de l'augmentation de cette taxe un moyen de prévention supplémentaire contre l'alcoolisme.
« Je veux bien entendre cela. Mais si on taxe la bière, taxons le vin et le champagne de la même manière. Cet argument est bancal. Il s'agit de trouver de l'argent supplémentaire un peu partout. On est plus dans une politique de levées de fonds que dans une optique de prévention de l'alcoolisme », assure un consommateur devant son demi.
« Si cette taxe passe, je réduirai la voilure »
Du côté des brasseurs, c'est la soupe à la grimace. Valéry Masclaux fabrique sa bière à Berméricourt. Pour lui, le doublement de la taxe impacterait l'emploi et l'avenir de sa société.
« À l'heure actuelle, nous ne sommes que deux actionnaires dans la société et nous avons déjà du mal à nous verser un salaire convenable. Par ailleurs, lors des salons et des foires, je recrute des personnes pour faire la promotion de mes produits. Si cette taxe passe, c'est simple, je réduirai la voilure. Je serai présent sur moins de salons et ne recruterai plus ».
Avec 500 hectolitres produits chaque année, le brasseur de la bière « 1625, notre Dame de Reims » ou encore de la « Rouge et Blanc », la bière officielle du Stade, continue à se battre pour pérenniser son entreprise. Ce dernier ne comprend pas pourquoi le gouvernement s'en prend plus à la bière qu'au vin ou au champagne, « des boissons pourtant plus fortes en alcool ! ».
Thomas DUPRAT