DE mémoire de journaliste, on n'avait jamais vu un ordre du jour aussi léger. Seuls quatre points y figuraient ! Ce conseil s'annonçait donc particulièrement expéditif. Mais c'était sans compter sur un « petit » problème d'absentéisme…
En début de séance, ce mercredi à 19 heures, il y avait en effet plus d'élus absents (dont le maire, qui tenait une réunion de campagne) que d'élus présents… Pour attendre le quorum (15 élus sur 29), Dominique Ruelle a ainsi dû aller chercher Elisio Mesquita chez lui !
En introduction, le premier adjoint Alain Roy a expliqué que ce conseil a minima n'avait qu'un objectif : définir les tarifs du centre de loisirs (ce que le conseil avait bizarrement oublié de faire jusqu'ici), avant que celui-ci n'ouvre ses portes.
Il ne se passait donc pas grand-chose de passionnant… jusqu'à ce que Cécile Stella, adjointe en charge des affaires sociales, ne prenne la parole, pour évoquer la reconversion du collège Briand.
Rappelons que trois nouveaux services doivent y faire leur apparition à l'automne 2013 : une crèche, un cabinet dentaire mutualiste et une cantine. Or chacun de ces dossiers connaît des développements importants.
80 couverts
En ce qui concerne la crèche, la municipalité a été approchée par la Croix-Rouge. Laquelle, depuis 2008, gère des lieux d'accueil de la petite enfance (14 sur le grand Est). À ce titre, elle se dit très intéressée par une délégation de service public pour exploiter celui de Revin. « Un dossier terriblement important », a insisté Alain Roy.
Pour Cécile Stella, « jusqu'à présent, nous pensions gérer cette crèche en régie municipale. Mais à l'issue de cette rencontre, nous souhaiterions explorer cette nouvelle piste. »
À propos du cabinet dentaire, un pas important a été franchi avec la mutuelle Premiris. Une convention prévoit ainsi que ce soit elle qui finance les 160.000 euros de travaux nécessaires (ainsi que les équipements spécifiques). En retour, la municipalité exonérerait la mutuelle de loyers durant douze ans.
Enfin, et peut-être surtout, l'avenir de la cantine scolaire a été abordé. « Il se trouve que la cantine actuelle (80 couverts salle Caron, comme plus tard au collège Briand) est victime de son succès, au point qu'on se demande si on ne va pas devoir refuser des enfants », ont souligné les élus.
Pour y remédier, la municipalité envisage de modifier son règlement. Et de servir « en priorité les enfants dont les deux parents travaillent ». Ce qui, concrètement, reviendrait à refuser l'accès aux enfants dont un parent au moins est au chômage.
On s'en doute, cette question, qui n'a pas été tranchée, ne laissera pas insensible à Revin. D'autant qu'elle s'inscrit dans un contexte national très polémique, où les collectivités (communes ou communautés de communes) qui ont voulu interdire l'accès aux enfants de chômeurs ont toujours été condamnées en justice pour discrimination.
Guillaume LÉVY