IL y avait bien quelques indices précieux et concordants, mais on pouvait encore douter. Cette fois, on en est sûr : rien ne peut arriver à cette équipe. Elle possède ce pouvoir rare de banaliser les miracles. Depuis quelques semaines, chaque match à Delaune ressemble à une dramatique qui noue les tripes avant de se terminer par un grand moment de bonheur. Le public rouge et blanc, qui ne quitte plus le stade avant la fin du temps additionnel de peur de rater l’essentiel, en sait quelque chose.
Il y avait eu Le Mans et ce but victorieux de Saadi à la 85e. Il y a eu ensuite Clermont et l’égalisation de Fauré à la 85e. Plus récemment, c’est le voisin troyen qui a rendu son tablier à la 94e sur un ciseau de Fauré. La semaine dernière, l’égalisation au Havre est survenue à la 90e.
Et hier soir, encore un final en apothéose avec deux buts inscrits aux 83e et 88e, un doublé de Courtet synonyme de 12e succès à domicile.
Il est dit que cette équipe conduira son destin dans l’émotion. Sa faculté à renverser les situations les plus compromises ne peut que la propulser vers son objectif suprême : l’accession en Ligue 1.
Le résumé du match:
STADE DE REIMS - USBCO BOULOGNE par Ligue2
Les Stadistes l’ont tous reconnu : face à Boulogne qui avait neuf orteils en National, ils n’ont pas réussi, loin de là, leur meilleur match de la saison.
Après avoir rapidement ouvert la marque, ils ont laissé le jeu et tout le reste à des Boulonnais plus solides dans les duels et plus tranchants dans leurs initiatives. « Nous sommes tous conscients d’avoir réalisé une médiocre prestation jusqu’à la 80e minute. On marque rapidement, mais on a le tort de se contenter de cet avantage. Nous nous sommes mis en attente », a expliqué Hubert Fournier.
La seconde période, plus animée, mettait en lumière les lacunes défensives d’une équipe rémoise bousculée, mais qui parvenait à revenir dans le match au prix d’une grosse force mentale. Un sursaut salvateur déclenché par les trois entrants – Deaux, Courtet et Amalfitano – et superbement ponctué par une double inspiration du buteur morbihannais.
Sans conteste l’égalisation rémoise à la 83e minute. L’aboutissement d’une poussée collective avec un corner bien tiré par Amalfitano, un retourné acrobatique de Glombard et ce coup de tête rageur de Courtet par-dessus les épaules de Colin. Comme l’énergie du désespoir qui replaça les Stadistes sur les rails d’un succès finalement arraché cinq minutes plus tard.
Evidemment Gaëtan Courtet, auteur d’un doublé qui fera date (lire par ailleurs), mais aussi Kossi Agassa qui a su tenir son équipe éveillée durant plus d’une heure. Sans un portier inspiré, le scénario aurait pu être cruel.
Hubert FOURNIER (Reims) : « On ne retiendra que les 3 points, ce qui reste l’essentiel en cette fin de championnat. Notre prestation a été très moyenne. Le match bascule avec la rentrée de nos trois remplaçants qui a été déterminante : Amalfitano qui a été percutant sur son côté, Courtet qui marque les deux buts et Deaux qui a permis d’équilibrer les débats sur le plan athlétique. Nous n’avons pas été efficaces dans les duels. Nous étions en attente. Ça aurait pu nous coûter cher, c’est une leçon pour le prochain match contre Monaco où il ne faudra pas attendre la 90e minute pour passer devant au score ».
Pascal PLANCQUE (Boulogne) : « C’est une défaite cruelle, mais le foot est cruel, il ne pardonne pas la moindre faiblesse. Nous n’avons pas bien géré lorsque nous avons pris l’avantage à 2-1. On s’est un peu relâché, enflammé. Derrière, les Rémois égalisent, ce qui les rend euphoriques et, avec l’appui du public, ils réussissent à marquer un 3e but ».