SOIXANTE-SEPT ans, déjà que les Forces alliées arrivant en Allemagne découvraient de visu l'horreur des camps de concentration. Depuis, chaque année au mois d'avril, une cérémonie est organisée pour ne jamais oublier toutes les victimes de la Déportation. Hier soir, à l'initiative des Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, d'associations de déportés (1) et de la ville, de nombreux Rémois ont participé à la veillée qui s'est tenue au pied du monument aux martyrs de la Résistance dans lequel est scellée une urne renfermant depuis 1955 les cendres recueillies dans les crématoires de Mauthausen, Flossenburg, Bergen Belsen et Neuengamme.
Passage de flambeau
C'est là, au sens propre, comme au sens figuré que les plus anciens ont d'abord transmis le flambeau du souvenir aux plus jeunes (sapeurs-pompiers et lycéens). Sur fond de roulement de tambours, de l'interprétation de « Nuit et brouillard » porté par les choristes de la Veslardanne, l'émotion était palpable.
En présence aussi des autorités civiles, militaires et religieuses et de porte-drapeaux, à la lumière des torches, chacun a pu voir les portraits de Mme Berthe Aubert et Georges Simon, morts en déportation, portés par quatre élèves du lycée Croix Cordier de Tinqueux. Une façon de rappeler aux mémoires oublieuses que cette commémoration nationale a aussi toute sa justification à Reims où de nombreux Rémois ont aussi connu les camps. « Chant des partisans », « Chant des marais » avec la chorale, « Liste de Schindler » par l'harmonie municipale, la musique a parlé au cœur de tous, tout comme la lecture d'un poème de Marianne Cohn : « Je trahirai demain » et un autre d'Aragon : « Chanson pour oublier Dachau » par élèves du collège François Legros.
Alain MOYAT
(1) Fédération des Déportés et internés résistants et politiques de l'arrondissement de Reims et Union nationale des associations de déportés internés et familles de disparus.