IL aurait peaufiné son projet macabre depuis plus d'un an, avait même contacté au moins une autre lycéenne avant de choisir Sonia comme victime de ses pulsions macabres. Mis en examen dimanche dernier pour assassinat, Lewis Peschet avait non seulement prémédité son geste, il l'avait aussi annoncé.
Le mercredi soir, la veille du rendez-vous meurtrier qu'il avait fixé à Sonia, il envoyait un mail à l'une de ses amies. Un texte où il explique, avec quelques détails trop sordides pour être relatés ici, qu'il s'apprêtait à faire subir à un être humain le sort qu'il réservait d'habitude à des petits rongeurs ou à des chats.
La jeune destinataire ne consulte sa boîte mail que le jeudi soir. Choquée, elle en parle à son petit ami.
Ils décident de prévenir les gendarmes dès le lendemain matin.
Les enquêteurs font rapidement le lien avec la disparition qu'on leur a signalé la veille, vers 22 h 45, celle de Sonia Brunbrouck, une lycéenne de 17 ans. Elle n'a plus donné de nouvelles depuis qu'elle a quitté Le Lutin bleu, un bar laonnois, le jeudi vers 11 h 30, pour se rendre à un rendez-vous visiblement fixé par SMS. Grâce à ce signalement, Lewis Peschet est rapidement interpellé.
Il reconnaît rapidement son crime, avant d'indiquer l'endroit où repose sa victime, dont l'autopsie établira qu'elle est décédée le jeudi entre 10 h 30 et 13 h 30.
Un calme glaçant
Examiné dès dimanche matin par un expert psychiatre qui a conclu à « une altération du discernement » - et non une abolition, qui aurait débouché sur une irresponsabilité pénale - Lewis Peschet avait déjà dérouté les enquêteurs chargés de sa garde à vue par son attitude presque détachée et son sang-froid apparent.
Évoluant dans un univers « gothique » et surtout mortifère depuis plusieurs années, animé d'une « fascination malsaine, voire pathologique pour la mort », selon le procureur de Laon, Olivier Hussenet, il ne semble pas avoir choisi sa victime parce qu'il lui en voulait pour une raison ou une autre. Au contraire, leur relation, platonique, semblait faite de nombreuses conversations et de nombreux moments de complicité. C'est sans doute pour cela que la jeune fille ne s'est pas méfiée lorsque son bourreau lui a donné rendez-vous ce jeudi, vers midi, sur la promenade Madeleine.