IL a 36 ans, trois enfants et occupe un poste de responsable commercial dans le secteur du bâtiment. Conseiller municipal d'opposition depuis 2008, il a également été désigné conseiller communautaire l'année suivante. Il vient d'annoncer sa candidature, pour la première fois, aux élections législatives sur la 3e circonscription. Il portera les couleurs du parti créé par Jean-Pierre Chevènement : le MRC.
Jérémie Thévenin, après Jean-Paul Angers (radicaux), Éric Loiselet (Europe écologie), Jean-Pierre Langlet (Front de gauche), vous êtes le 4e candidat de la gauche pour cette circonscription…
« C'est une décision mûrement réfléchie. Un engagement fort pour la circonscription. La carte électorale qui a été modifiée correspond parfaitement à mon parcours personnel : j'habite à Epernay, j'ai fait ma scolarité à Mareuil et dans le quartier Murigny à Reims, j'ai des attaches sur toute la circonscription. Je suis légitime. Plus sans doute que le candidat PS-Europe écologie, qui est parachuté.
« Je veux m'adresser aux électeurs socialistes et leur demander de ne pas se porter sur un candidat qui représente un accord électoral. Car je suis aussi le seul candidat de gauche à être élu sur la circonscription. Il est dommage par exemple que Jean-Paul Angers ait été absent aux dernières municipales. »
« Un soutien, pas un ralliement »
Vous avez toutefois, avec votre parti, une faible base électorale…
« Le MRC n'avait pas de candidat à la présidentielle et il a perdu en visibilité. Mais nous soutenions la candidature du François Hollande. C'est un soutien, pas un ralliement. Nous avons écrit noir sur blanc nos points d'accord et de divergence. Nous avons aujourd'hui la volonté de présenter un maximum de candidats et surtout de porter nos valeurs de la gauche républicaine.
« Nous représentons les valeurs de la République, la prédominance de l'intérêt général sur les intérêts particuliers. Je me définis comme particulièrement intègre. En dehors de la politique politicienne. Ceux qui suivent mon action d'élu le voient. En définitive, il aurait été plus facile pour moi d'aller au parti socialiste qui manque d'un candidat local. Mais c'est vraiment une question de valeurs. »
Tous les candidats ne sont pas encore déclarés. On n'y verra sans doute plus clair après le 2e tour…
« Franck Leroy (maire d'Épernay, centriste) attend la fin de la présidentielle. Il attend de voir sur quelle base il peut se reposer. Il manque de courage. Quant au député sortant (Philippe Martin, UMP), son bilan est celui de Sarkozy. Il est là depuis dix-neuf ans, mais la circonscription change, elle sera plus représentative de la mixité de la population avec l'ajout des quartiers populaires de Reims. Cette circonscription, ce n'est plus que le champagne (ndlr, Philippe Martin est viticulteur). Enfin sur l'émergence du Front national : notre parti a toujours été un farouche opposant de ses idées. Notamment avec Jacky Blavier qui a présidé avant moi le MRC dans la Marne, et qui s'était investi dans des associations antiracistes. »
N'avez-vous pas peur qu'on vous reproche votre manque d'expérience ?
« D'abord, si j'ai peu d'expérience en politique, j'ai une expérience de la vie, avec notamment un poste à responsabilité. Ensuite, j'estime que c'est un atout : j'ai en face de moi des spécialistes de la politique, de ces gens qui nous ont envoyés dans le mur. Moi je n'ai de compte à rendre à personne, de cadeaux à faire à personne. »
Propos recueillis par Fabrice ALVES-TEIXEIRA