DES épluchures en guise de pain et des insectes pour remplacer le steak… il fallait oser. La paille au sirop qui fond dans le verre et la pomme de terre prédécoupée en frites… il fallait y penser. Quant au hamburger variant en fonction des cours de la bourse… c'est gonflé et même très engagé.
Toutes ces idées tantôt saugrenues, parfois alléchantes et même déconcertantes, sortent tout droit du crâne des étudiants de l'École supérieure d'art et de design de Reims (Esad). Quarante d'entre eux ont participé au projet « Quick Lab », lancé par Quick pour ses quarante ans. La chaîne de fast-food ayant proposé aux étudiants des écoles françaises et belges d'architecture et d'arts appliqués d'imaginer Quick en 2050, tant dans son architecture que dans son identité visuelle, son packaging ou la nourriture qu'elle servira à sa clientèle. Puis, les meilleures réalisations ont fait l'objet d'une exposition à Paris, baptisée « Quick 2050. Des écoles imaginent les scénarios du futur… ». Elles sont, depuis, revenues dans leurs établissements d'origines, comme à l'ESAD où le repas Quick du futur est présenté jusqu'à demain soir.
Un hamburger frais et croquant
Et l'exposition vaut le déplacement. Les étudiants, de la 1re à la 5e année ayant opté pour l'option design culinaire, ont fait preuve d'une sacrée dose d'imagination, d'audace et parfois même de culot.
À l'exemple d'Adrien Leroy, 23 ans. Lui n'a pas cherché bien loin son inspiration. « Je suis assez fainéant. Je mange les épluchures de légumes », explique-t-il. L'idée étant là, il fallait donc lui donner de la pertinence, du sens, la mettre en œuvre et rendre ces épluchures gourmandes et appétissantes. Ce que Frédérique Bastien, son professeur, l'a aidé à faire.
Le scénario de départ de l'étudiant ? « En 2050, les 9 milliards d'individus sur terre entraînent un appauvrissement des ressources naturelles. Les organismes génétiquement modifiés ne couvrent pas les besoins de la population. Alors pourquoi ne pas manger ce que nous jetions hier… les épluchures ? » Adrien Leroy a donc conçu un hamburger sans pain, mais recouvert d'un damier d'épluchures de courgettes et de carottes. « Plus de pain éponge, mais un hamburger frais et croquant », explique-t-il convaincu, voire même convainquant. Mais ça, c'est à vous de voir…
Lélia BALAIRE
Exposition : à l'Esad, 12, rue Libergier, et jusqu'à jeudi de 11 à 18 heures. Entrée libre.