AU bal, on fait décidément de sacrées rencontres. Et ce n'est pas le poète-chansonnier givetois Jacques Dessard-Marlier qui dira le contraire. Et pour cause : il y a trois ans, ce dernier y a notamment fait la connaissance d'un autre féru d'écriture, celle du Dinantais Jean-Pierre Leeck.
Ce qui a aussitôt scellé le début d'une belle amitié, placée sous le signe de la littérature et des bons mots. A tel point, qu'ensemble, les deux compères ont vite fini par donner naissance à un bébé pour le moins original : en l'occurrence, au cercle Verlaine, un club d'écriture qui réunit chaque semaine une dizaine de passionnés. « L'idée, c'est d'y parler de poésie et de tout ce que l'on aime dans la littérature, explique l'instigateur du projet. Les séances ne sont pas figées. Parfois, on lit nos écrits à tour de rôle et on en discute ensuite. Souvent, aussi, on essaie de s'amuser, en effectuant des petits ateliers ludiques. Ça dépend vraiment des fois… »
En tout cas, la recette semble fonctionner : « Il faut dire qu'on passe toujours de très bons moments », assure la Beaurinoise Jacqueline Cors, qui attend chaque semaine la rencontre avec « beaucoup d'impatience ».
Tous les vendredis (ou presque), l'auteur belge - qui a déjà publié sept recueils de maximes depuis qu'elle s'est lancée dans l'écriture, en 1995 - y croise notamment la Givetoise Marie-Hélène Muller. Une autre habituée, visiblement ravie de pouvoir partager ainsi sa passion : « C'est forcément enrichissant, car discuter avec d'autres personnes ayant les mêmes centres d'intérêt, ça nous ouvre à de nouveaux horizons et nous permet de progresser encore plus vite, estime-t-elle. Même si le but premier, c'est d'abord de prendre un maximum de plaisir… »
Comme Jacqueline, « Osez, osez… »
Dans cette optique, le cercle Verlaine cherche d'ailleurs actuellement à étoffer son effectif. « N'importe qui peut nous rejoindre, quel que soit son niveau », précise Jacques Dessard-Marlier.
Oui, vous avez bien lu : pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour venir « s'amuser » avec les poètes givetois. « Pour moi, les textes dans lesquels il faut s'arrêter à chaque ver si on veut réussir à en comprendre le sens n'ont pas vraiment d'intérêt, confirme le chansonnier. Au contraire, je pense que c'est en utilisant des mots simples qu'on arrive à dire de grandes choses. Tenez, par exemple, ''Milord'' d'Edith Piaf et les chansons de Georges Brassens sont à la portée de chacun d'entre nous. Et pourtant, ce sont de magnifiques poésies… »
Le plus dur, dans l'affaire, reste quand même d'oser franchir le pas. Bref, de dépoussiérer le genre - « plus vraiment à la mode » pour certains - et de venir lire en public ses écrits. « C'est pas évident, reconnaît Marie-Hélène Muller. Maintenant, il faut quand même faire en sorte d'y arriver, car ça ne sert à rien de laisser des pages et des pages pourrir dans un tiroir… »
Jacques Dessard-Marlier - particulièrement bluffant dans l'art de dégainer les citations plus vite que son ombre - acquiesce. On n'en retiendra qu'une, pour finir (de Léo Ferré) : « la poésie est faite pour être lue et entendue ». Simple, clair et précis. Alors, à vous de jouer !
Aurélien AVGLIANO
Le cercle Verlaine se réunit chaque vendredi, de 14 à 16 heures, à la bibliothèque (salle Vauban).