Depuis ce matin, la mort d'Elodie Kulik n'est peut-être plus une énigme. Cinq personnes sont entendues par les gendarmes de la section de recherches d’Amiens qui ont réussi depuis plusieurs semaines à remonter la piste d’un des suspects, révèlent nos confrères du parisien.fr.
Elodie Kulik, la jeune banquière de Péronne avait été sauvagement assassinée dans la nuit du 11 Janvier 2002 à Tertry, sur la route entre Saint-Quentin(02) et Péronne (80) alors qu'elle rentrait d'une soirée.
Au lendemain du drame, trente gendarmes ont été mobilisés sur la découverte des agresseurs, dix ans après, toujours quatre fins limiers regroupés dans la cellule « Homicide, viol, banquière, 80 » autrement dit « Cellule Kulik ». Ils poursuivent les investigations, continuent inlassablement d'effectuer des recoupements... et ces derniers jours - après plus de 10.000 auditions, 5.400 prélèvements et comparaison d'ADN, leur pugnacité a été récompensé.
Grâce à un minutieux travail scientifique autour de l’ADN retrouvé sur la scène de crime en 2002, les enquêteurs ont identifié un des hommes présents ce soir-là. Après en avoir reçu les autorisations du juge d'instruction, les gendarmes ont décidé d'utiliser une technique américaine "permettant de comparer l'ADN nucléaire prélevé sur une scène de crime avec des ADN qui s'en rapprochent fortement".
L'homme suspecté serait décédé depuis plusieurs mois, apparemment de manière accidentelle. Il s'agit de Grégory Wiart, décédé à l'âge de 24 ans, un an après les faits. Le jeune homme est enterré au petit cimetière de la commune de Montescourt-Lizerolles (Aisne) près de Saint-Quentin, indique le Courrier Picard.
Un suspect décédé en 2003
L'homme suspecté serait décédé depuis plusieurs mois, apparemment de manière accidentelle. Il s'agit de Grégory Wiart, décédé à l'âge de 24 ans, un an après les faits. « Grégory Wiart... bien sûr que je le connais, c'est moi qui ait annoncé sa mort à ses parents, en 2003. Devoir annoncer la mort d'un gamin de 24 ans, ça ne s'oublie pas » indique Roland Renard le maire de Montescourt-Lizerolles. Le jeune homme a trouvé la mort « dans un accident de la route, à hauteur de la déviation de Tergnier en 2003 ».
Mais le maire de cette petite commune du Saint-quentinois dans l'Aisne tombe de haut lorsqu'il apprend que le nom de ce jeune garçon est associé au meurtre sauvage d'Elodie Kulik. « Sa famille habite le village, je la connais, mais lui je ne le connaissais pas trop. Je crois qu'il avait une petite amie sur Laon et même un jeune bébé » se remémore l'élu, « mais je n'ai pas suivi particulièrement ce jeune et il n'a rien fait de particulier pour se faire remarquer. Ce monsieur vivait sa vie, mais je ne sais pas comment il la vivait ».
Propulsé sur le devant de l'enquête dix ans après, Grégory Wiart est le suspect numéro 1 dans cette affaire.
L'Axonais a été trahi par son ADN, mais la cellule « Kulik » de la gendarmerie a déjà établi que le violeur présumé n'avait pas agi seul ce 11 janvier 2002. Reste à déterminer son degré de responsabilité dans cette affaire. Cinq personnes, "convoquées en qualité de témoin", sont entendues depuis lundi matin par la gendarmerie d'Amiens. D'anciennes connaissances de Grégory Wiart.
Le père d’Elodie Kulik va être reçu en début d’après-midi par le juge d’instruction en charge du dossier à Amiens. Il y a une semaine, il organisait une marche blanche à Péronne en mémoire de sa fille. Environ 500 personnes étaient venues soutenir Jacky Kulik dans la terrible épreuve qui se ronge depuis dix ans et a détruit sa famille.