Pour le premier grand jour des départs en vacances estivales, le trafic a été dense vendredi matin mais plutôt fluide.
ALLEZ, disons-le franchement, il y a deux ans, lorsqu'ils sont apparus aux côtés des autres services de secours, la question était sur de nombreuses lèvres : « qui sont ces cow-boys avec leur combinaison orange et bleu et leur voiture de la protection civile ? ».
Pour tout dire, tout n'a pas été simple pour l'antenne départementale de secours socio-psychologiques.
D'autant que d'entrée de jeu, une autre structure, très officielle celle-là, à savoir la cellule d'urgence médico-psychologique, s'était étonnée, voire émue, de son arrivée sur un créneau qui lui était jusque-là réservé.
Qu'à cela ne tienne, cette antenne a tenu bon et, petit à petit, elle a réussi à faire valoir son utilité sur le théâtre d'accidents ou de drames de la vie quotidienne.
Et depuis quelques jours, cette même utilité ne souffre plus de la moindre contestation puisque la structure, composée d'une quarantaine de personnes dans l'Aisne, est désormais placée sous la triple autorité du Samu, des directeurs hospitaliers et de deux psychologues dont Péri Eaton qui vient de prendre la tête de son nouveau conseil d'administration.
Entre temps, sur le plan esthétique, les combinaisons de la sécurité civile ont laissé place à des tenues d'un blanc immaculée puisque c'est désormais le Samu, et lui seul, qui déclenche ce service.
Ecoute
« Nous sommes tenus de suivre la procédure au pied de la lettre », souligne Ludovic Givron, le directeur opérationnel de cette unité.
Un point que confirme le patron
du Samu 02, le docteur Frédéric Degroot, tout en saluant le travail d'écoute et d'assistance qu'effectuent ces « soldats du réconfort » sur le terrain. Car c'est à cette tâche, parfois pénible, que s'atèle l'antenne de secours socio-psychologiques.
Alors que les médecins et sapeurs-pompiers tentent de sauver des vies au sens propre du terme, eux s'attachent à calmer la souffrance morale des témoins et des familles.
160 sorties par mois
« Il y a plusieurs façons d'exprimer son chagrin : le mutisme, les cris, les pleurs, l'agressivité même parfois et c'est à nous de trouver la meilleure réponse à chacun de ces comportements. Pour ce faire, nous suivons des formations. Notre mission est de ne jamais laisser un proche d'une victime dans le désarroi. Nous nous éclipsons seulement lorsqu'un autre membre de la famille ou un ami est capable de prendre le relais ».
En moyenne, l'antenne départementale de secours socio-psychologiques effectue 150 à 160 sorties par mois et seule une petite partie d'entre elles nécessite réellement l'intervention d'un de ses psychologues, Peri Eaton ou Martine Charpentier.
Autre satisfaction : la concurrence née dans l'esprit des gens entre cette antenne et la cellule médico-psychologique (composée de psychiatres, psychologues et infirmiers) se serait largement estompée :
« Nous avons même été amenés à travailler ensemble sur des affaires extrêmement graves », note Ludovic Givron.
En clair, il aura fallu deux ans pour que la BMW à sirène américaine trouve enfin sa place dans les roues du Samu et… dans l'intérêt général.
Nicolas Fostier
Article paru le : 1 février 2008
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