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Au fil des légendes : le Verzieux de Gargantua

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La présence de Jean-Pierre Courtin, le maire du village, à côté du «verziau», donne bien une idée de la dimension de ce bloc.

La présence de Jean-Pierre Courtin, le maire du village, à côté du «verziau», donne bien une idée de la dimension de ce bloc.

Obélix, avec ses gros menhirs, qu’il jette sur les Romains, n’est qu’un nain anémié, à côté du géant qui a sévi, il y a bien longtemps de cela, dans le canton de Crécy-sur-Serre.
On ne sait pas exactement à quand cela remonte, car les archives de l’époque étaient mal tenues, mais ce que l’on prétend, en revanche, c’est qu’un homme, d’une taille extraordinaire, a bel et bien fait étape dans le riant village de Bois-lès-Pargny.
«0Le champ de bataille0»
Les preuves ? Tout simplement les énormes cavités qu’on devine encore, malgré l’usure du temps, dans les champs alentour, et qui auraient été, dit-on, provoquées par l’empreinte de ses pas.
Et puis, surtout, il y a son «verziau», c’est-à-dire la pierre qui lui servait à affûter sa faux, et qu’il a laissé planté, dans un geste de colère, dans le sol d’une petite colline qui domine la commune. En un lieu, qui depuis des temps immémoriaux, s’est toujours appelé «le champ de bataille», sans qu’on sache d’ailleurs qui y guerroya, et contre qui, tellement il y eut d’occasions de le faire dans l’Aisne, au fil des siècles.
Toujours est-il, donc, que si l’on considère la taille de ce fameux «verziau» - et encore ne s’agit-il que de la partie qui n’est pas enfouie dans le sol -, on se dit que son propriétaire devait, effectivement, avoir une taille phénoménale et que sa faux devait abattre une sacrée besogne à chaque passage dans les épis.
Les gens du coin affirment que le «monstre» s’appelait «Gargantua», comme le papa de Pantagruel dans l’œuvre de Rabelais. Et ils ajoutent  que c’est un fermier de Bois-lès-Pargny qui l’avait fait venir, pour l’aider à faucher cinquante gerbes à livrer au seigneur du coin, le jour de l’Assomption. La transaction, au moment de lui payer son dû, se serait mal passée; le géant serait alors parti très fâché, jetant son «verziau» de dépit, lequel aurait écrasé Toinette, la fille du fermier, en se fichant dans la terre…
Pas d’explication plausible
Peu importent ces détails navrants. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a bel et bien, à Bois-lès-Pargny, un monolithe, c’est à dire un immense bloc de pierre, d’environ cinq mètres de hauteur, dont on se demande bien par quel phénomène, autre que surnaturel, il aurait pu arriver là, vu qu’il est le seul «caillou» de ce genre, à des kilomètres à la ronde.
Comme tout ce qui échappe à la compréhension favorise l’imagination, et qu’aussi bien les historiens que les scientifiques se sont cassé les dents sur le mystère du «verziau», toutes les explications sont donc permises.
S’agit-il d’un mégalithe, façon menhir breton, dressé là intentionnellement par quelque peuplade des temps de l’âge de pierre, et consacré à une divinité dont on a perdu la trace ?
S’agit-il d’une météorite tombée du ciel, qui se serait plantée en terre picarde, sans se désintégrer complètement ?
Nul, a ce jour, n’ayant trouvé de réponse plausible, force est de croire la légende de «Gargantua», colportée par les anciens, le soir à la veillée et qui s’est transmise jusqu’à nos jours, le maire de Bois-lès-Pargny, Jean-Pierre Courtin, s’en faisant aujourd’hui «l’orateur», auprès des touristes qui, ayant traversé la belle forêt de Marle, font étape dans son village.

 

En savoir plus

Nous vous invitons à découvrir la0r eddition du livre de l’abbé Alexandre Poquet «0Légendes historiques du 0département de l’Aisne0» aux0éditions Lorisse, d’Autremencourt. Il y est fait mention du menhir de Bois-lès-Pargny.

Ecrit par G.G.-M.

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