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L'Alentejo pas à pas, c'est le pied !

Publié le dimanche 18 décembre 2011 à 12H00 - Vu 57 fois


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Dans le monde, on recense quarante vierges enceintes.

Dans le monde, on recense quarante vierges enceintes.


A vos sacs à dos et chaussures de rando ! La découverte de l'Alentejo, nous attend de pied ferme. Oui, mais l'Alentejo, c'est où ? C'est la plus vaste région du Portugal. Elle occupe un tiers de la superficie du pays et surplombe l'Algarve au sud. Sur son flanc est, l'Espagne ; à l'ouest, l'océan Atlantique. Faiblement peuplée, cette région bien qu'époustouflante de beauté reste encore méconnue. Elle mérite donc qu'on s'y attarde surtout au printemps ou à l'automne car l'été, on y cuit !
Pour commencer, direction Evora. Une ville de 40.000 habitants, qu'il ne faut rater sous aucun prétexte. Située dans le Haut-Alentejo, cette cité reste très marquée par son passé médiéval. D'aucuns disent même « qu'elle est un témoin majeur de l'âge d'or du Portugal ». Ne la visitez pas au pas de course, prenez le temps de vous perdre dans ses petites ruelles pittoresques.
Classée patrimoine mondial de l'Unesco en 1986, Evora, souvent appelée ville musée, abrite des vestiges sous influence celte, romaine, wisigothe et arabe. Allez donc admirer ceux du Temple romain (Ier/IIe siècle après J.-C). Contournez ses quatorze piliers corinthiens restants (de jour et en soirée, car à la nuit tombée, ils sont éclairés). Egalement baptisé Temple de Diane, ce serait le monument romain, le mieux conservé du Portugal.
 

Vierge enceinte
A deux pas de là, rejoignez la cathédrale de Santa-Maria commencée à la fin du XIIIe siècle. On y découvre une vierge enceinte haute en couleurs et fort jolie. Nichée dans un retable, elle pose sa main gauche sur son ventre rebondi. Il y en aurait une quarantaine dans le monde.
Après ces visites fort instructives, empruntez les ruelles pour retrouver la place de Giraldo. Levez le nez et admirez les maisons aux jolis balcons en fer forgé ou ces petites fenêtres gracieusement décorées. Cette place bordée de cafés et restaurants, aujourd'hui paisible (on y croise des anciens assis sur le rebord de la fontaine en train de discuter ou de donner à manger aux pigeons), a pourtant été le théâtre de sacrées horreurs (exécution de Ferdinand II et bûchers pour les victimes de l'Inquisition !).
N'oubliez pas non plus de visiter la chapelle des ossements (Capela dos Ossos) dans l'église de Sao Francisco. L'endroit n'est pas des plus « glamours » mais il interpelle. Murs et colonnes sont recouverts d'os et de crânes de près de 5.000 cadavres. Elle serait l'œuvre de franciscains au XVIIe siècle pour évoquer la fragilité de l'homme.
Dans l'entrée, une inscription (à méditer) donne d'ailleurs le ton : « Nous, les os qui gisons en ce lieu, attendons les vôtres ! ». Charmant…
 

Aqueduc à l'eau d'argent
Mais Evora ne se limite pas à ces quelques escapades. Il faut aussi aller voir la chapelle des ossements, le musée, les remparts et l'aqueduc « à l'eau d'argent » qui ravitaillait Evora en eau. A l'office de tourisme, c'est bien simple, on nous dit qu'il faut au moins trois jours pour s'imprégner véritablement de la ville. A ceux qui voudraient continuer la marche, on leur conseille de longer l'Aqueduc pendant 8,5 km, en suivant la route d'Arraiolos. Une jolie balade à faire à son rythme. Pour reposer les muscles, l'idéal est de prendre un repos bien mérité à la Quinta da Espada, sur la route de l'Aqueduc, à 4 km d'Evora. Entouré d'oliviers, l'établissement tenu par Isabel de Mello Cabral est accueillant et sa cuisine savoureuse.
 

Menhirs intrigants
Le lendemain, frais comme un gardon, prenez une piste de terre bordée de chênes verts, d'oliviers et de vaches, et allez voir de plus près les fameux Cromeleques dos Almendres : un ensemble spectaculaire de 95 monolithes dont certains portent des inscriptions géométriques dont le sens nous échappe encore. D'aucuns disent néanmoins qu'il pourrait s'agir de lieux de culte en rapport avec les astres. De formes oblongues, les monolithes ont été installés sur un terrain pentu (ils se trouvent dans leur position d'origine). On peut naviguer de l'un à l'autre. En fin de journée, c'est magique.
Ce n'est que vers le XVIIIe siècle que ces menhirs ont commencé à éveiller la curiosité des érudits. Grâce au développement de l'archéologie, des fouilles ont confirmé leur fonction funéraire et leur antiquité préhistorique (le métal étant absent des trouvailles).
Textes et photos : Frédérique Pétré
chateau@journal-lunion.fr

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