Publié le dimanche 11 décembre 2011 à 12H00 - Vu 232 fois
Thaïlande. Bangkok vit sur le fil de l'eau et les événements récents ne font que le confirmer. Pour autant, Bangkok grouille de vie dans une cacophonie généralisée et malgré tout envoûtante… La capitale thaïlandaise s'apparente à un monstre urbain où l'on se perd avec plaisir.
Les Thaïs ne l'appellent pas Bangkok mais Krung Thep. Une abréviation du nom complet, connu pour être, selon le Guinness des records, le plus long au monde. Et pour cause, en thaï, Bangkok se dit… « Krung Thep mahanakhon amon rattanakosin mahintara ayuthaya mahadilok phop noppharat ratchathani burirom udomratchaniwet mahasathan amon piman awatan sathit sakkathattiya witsanukam prasit ». Entendez par là « Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn »… Un nom composé à partir de deux anciennes langues indiennes, le pali et le sanskrit. Un nom à l'image de la capitale : à l'origine un simple village de pêcheurs, aujourd'hui une ville… insaisissable. Ici la verticalité le dispute à l'anarchie qui prévaut dans son urbanisme. Depuis longtemps les hautes tours modernes imposent leur loi.
Une cacophonie organisée
A Bangkok, le centre d'affaires se mêle au centre historique. Les palais, aussi nombreux que les églises à Paris, se serrent pour laisser place aux nouvelles constructions modernes… Le tout dans une anarchie autorisée, sans que le plan d'urbanisme n'y voit à redire. Et pour cause, de plan d'urbanisme, il n'y en a pas. L'esthétisme de la ville est loin d'être une priorité.
Ici, les immeubles, les hôtels, les bureaux, les chantiers de construction poussent aux côtés des maisons sur pilotis le long du fleuve, le Chao Phraya, duquel s'embranchent de nombreux khlongs, un réseau de canaux qui a valu à Bangkok le surnom de la Venise d'Asie… Des khlongs que l'on a parfois bétonnés pour créer les grandes voies qui traversent la capitale. Des khlongs réputés pour leurs marchés flottants, mais aujourd'hui en sursis.
Bangkok s'est enfoncée de deux mètres en dix ans et ce rythme ne fait que s'accélérer. La capitale thaïlandaise est en sursis et les récentes inondations ne font que confirmer cette tendance. Les Thaïlandais ont ainsi fait face aux pires inondations depuis 50 ans. Les flots, qui ont ravagé 60 des 77 provinces du pays, ont même envahi une partie de Bangkok, obligeant les habitants à fuir la montée des eaux. Les Thaïs y voient là une manifestation des esprits qui se vengent, mais ne changent rien à leur mode de vie, ni à cette construction exponentielle.
Difficile de s'y repérer, tant les voies principales sont coupées de rues ou impasses aux noms pas toujours indiqués, sauf à lever la tête et se diriger en fonction des hautes tours qui - elles - portent toutes un nom.
La journée, les Thaïs, mais aussi les hordes de touristes se pressent dans les rues, arpentent les trottoirs encombrés de marchands, de gargotes en tous genres, traversent la capitale dans une cacophonie organisée. Tantôt en métro aérien (plus rapide) ou souterrain (plus risqué), tantôt en taxis ou motos-taxis, tantôt en tuk-tuk (atypique). La circulation est chaotique, les bouchons quasi permanents - on ne fait pas la différence entre les heures de pointe et les heures normales - et la pollution omniprésente. Deux chiffres en disent long : Bangkok regroupe 10 % de la population, soit 10 millions d'habitants, et 90 % des véhicules immatriculés dans le royaume…
Une ville grouillante de vie
Bangkok grouille de vie, de jour comme de nuit. Bangkok ne connaît ni repos, ni silence. Les odeurs de nourriture s'entremêlent aux pots d'échappement. Les quartiers s'animent au rythme des marchés quelle que soit l'heure de la journée. On peut y faire de bonnes affaires mais pas seulement. Pas un quartier du centre, non plus, sans son salon de massage. On en trouve à tous les coins de rue, parfois aux abords plus ou moins engageants. Mais venir à Bangkok sans s'adonner à un massage des pieds ou des mains serait une hérésie. Les prix sont ridicules… L'équivalent de 3 euros pour une heure de détente. Il faut simplement aimer se faire masser en vitrine.
Et que dire des « go-go bars » de Patpong, ces ruelles composées exclusivement de bars à go-go girls ? Les offres alléchantes de ces filles qui dansent à moitié nues sur les bars y sont nombreuses… Mais attention aux arnaques et autres attrape-touristes. Le Guide du Routard est d'ailleurs très explicite sur le sujet. Aller plus loin avec une des filles (sans capote) « reviendrait à se jeter du haut de la tour Eiffel ».
A ce stade les rabatteurs arpentent les rues, de jour comme de nuit, y compris dans les hôtels les plus réputés. Les massages thaïlandais ne sont pas une légende… Et à Bangkok tout est négociable.
Textes et photos : Caroline Garnier
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