Publié le samedi 10 octobre 2009
L'action du match : 37e minute, corner de Gragnic, ciseau retourné de Fauré sur la transversale. Un petit bijou…
Christian LANTENOIS
AVEC sa voix rocailleuse et son accent provençal, Jean-Louis Bérenguier n'en revenait pas. Plus d'une mi-temps après la fin d'un humiliant calvaire, il s'interrogeait encore sur les raisons qui avaient poussé ses joueurs à saboter son travail.
« Je suis un peu énervé, s'excusa l'ancien défenseur toulonnais. Tout se passait bien lorsqu'un joueur (le capitaine Savry en l'occurrence) décida de lui-même de tout changer. Résultat, on fait n'importe quoi et on repart d'ici avec une lourde défaite ».
« Dure soirée, répéta-t-il. Ce revers va nous faire du bien car, en football, il faut savoir rester humbles et ne jamais s'enflammer ».
En onze rencontres, Cassis-Carnoux ne s'était jamais incliné par plus d'un but d'écart. « On dit qu'il vaut mieux perdre une fois 5-0 que cinq fois 1-0, mais ça ne me console pas ».
De l'amertume d'un coach désavoué, les Stadistes n'en avaient que faire. Dans un Delaune enfin joyeux, ils ont plutôt bien fait leur boulot en scorant à cinq reprises, en touchant deux fois les montants et en se procurant une kyrielle d'occasions. « Les joueurs ont rendu la rencontre facile, expliqua Marc Collat, en étant efficaces très rapidement. Menant au score, ce n'était plus le même match ».
A l'image de ce ciseau retourné d'un Fauré intenable qui échoua sur la transversale, Reims réussissait avec une déconcertante facilité à perforer une défense cassidaine qui passa au bout d'un quart d'heure, on ne sait trop pourquoi, de cinq à quatre éléments, alors que les circonstances ne s'y prêtaient pas.
Cassis, avec son organisation bâtarde, allait brusquement voler en éclats, concédant trois buts en 7 minutes.
Les couloirs du bonheur
Les phases de débordement déclenchées par les Rémois, en jachère depuis quelques matches, allaient cette fois, porter leurs fruits.
« On nous reprochait notre inefficacité, les joueurs ont répondu présents, notamment Cédric Fauré en mal de réussite depuis plusieurs mois », constatait Collat. Solide mais très peu sollicité en défense, le Stade trouvait en Gragnic le meneur clairvoyant qu'il lui fallait pour placer sur orbite les fusées Tainmont et Fortes. Ces deux joueurs de couloir, une fois n'est pas coutume, parvenaient à garder leur lucidité pour marquer et faire marquer.
« Nous restons sur une série de six matches sans défaite, quatre victoires et deux nuls. Tainmont qui ouvre son compteur but, cela nous offre une arme supplémentaire, Fortes aussi a été très bon dans tout ce qu'il a accompli ».
Cette quatrième victoire à domicile projette désormais le Stade à la 4e place, à 5 points du 3e, Créteil, mais avec un match de plus à jouer. Tout en réconciliant les joueurs avec leur public, elle décuple leur confiance.
Fauré qui n'avait pas marqué depuis le 14 août, Tainmont qui restait sur deux sorties très moyennes, Fortes, mais aussi de la juvénile défense centrale, auteur d'un nouveau sans-faute, comme à Amiens.
Bref, les voyants repassent au vert chez les Rouge et Blanc dont l'objectif avoué était, hier soir, de ne pas concéder de but. Comme quoi…
Gérard KANCEL
n










Réagissez