Saint-Erme TR France : les Anglais dévissent l’entreprise

Saint-Erme TR France : les Anglais dévissent l’entreprise

Publié le vendredi 01 juin 2007 à 01H00 - Vu 50 fois

TREIZE salariés il y a trois mois. Neuf aujourd’hui et, si le plan de la direction de TR France est mis a exécution, plus aucun le 29 juin prochain.
L’implant axonais du géant anglais TR fastenings (1.100 salariés sur les cinq continents) ne serait pas en assez bonne santé pour que l’entreprise, logée depuis 5 ans à Saint-Erme, dans des vastes locaux totalement rénovés grâce à l’apport de fonds publics (Europe, conseil régional et communauté de commune de la Champagne Picarde) continue ainsi son activité. « C’est la version qui nous a été donnée il y a un mois par la DRH anglaise. Elle est venue nous voir pour nous expliquer que nos objectifs n’étaient pas atteints et que nous avions trop de stock mort ».
TR France entrepose et distribue à des clients aussi réputés qu’Electolux (Revin), Vachette ou Actaris (Reims), la visserie et les systèmes de fixation que les entreprises du groupe fabriquent ailleurs. « Cela a commencé par une implantation chez Electrolux même et puis nous sommes arrivés ici » explique Joël Lebourcq. A bientôt 47 ans, il est le plus ancien dans l’entreprise.
Repli vers un sous-traitant
Quatre personnes ont été embauchées au début de l’année… puis licenciées il y a trois mois. Premiers signes d’inquiétude chez le personnel. D’autant que la taille de l’entreprise ne facilite pas la circulation de l’information. C’est pour cette raison, parce qu’aucun syndicat n’est implanté chez TR à Saint-Erme, que Michel Bussy, conseiller de salarié pour la CFE-CGC a été saisi par les salariés. L’homme (l’union de samedi) connaît parfaitement le monde du travail. Il suit désormais le dossier des TR. « Les salariés ne savent absolument pas ce qu’ils vont devenir et craignent que leur travail soit confié à d’autres » résume aujourd’hui Michel Bussy.
Le 23 avril dernier, le conseiller a assisté les neuf salariés lors des entretiens préalables à licenciement programmés par la direction. Des entretiens finalement menés en présence d’un liquidateur amiable (Jean Descamp), lequel ne s’est alors pas encore estimé en état de procéder à la liquidation.
Les entretiens ont donc été reportés.
« On nous a dit que finalement, l’activité de l’entreprise allait être confiée à un sous-traitant. Un transporteur, UTI, basé notamment à Paris et Le Havre » avance Joël Lebourcq. Il s’étonne. « Le groupe fait des bénéfices. Mais nous n’avons aucune visibilité sur la santé économique de sa société, ici ».
Deux des neuf salariés encore présents à Saint-Erme seraient «recasés» chez UTI. Aucune piste n’est encore avancée pour les autres.
Le dossier en est à ce stade. Nommé il y a trois ans, Alain Geslain, le directeur du site, n’a pas donné suite à nos appels.
Yves Klein

L'union l'Ardennais