Publié le vendredi 08 février 2008 - Vu 1 fois
Johan veut croire en un avenir plus serein. Christian LANTENOIS
Christian Lantenois
Liébus a chassé le doute
C'était son match, mais il n'en sera pas. Blessé au poignet, Johan Liébus, l'ancien forgeron, ronge son frein. S'il se réjouit à l'idée de revoir quelques anciens compagnons, il attend surtout un succès rémois. Histoire de soulager sa conscience.
Johan, quelles sont les nouvelles ?
« Là (hier) je viens de passer une radio de contrôle pour constater l'évolution de ma blessure. Dans la foulée, j'ai rencontré le chirurgien qui m'avait opéré. Il m'a enlevé les fils et m'a confirmé que tout allait bien, que, grâce à la vis, le trait de fracture avait disparu. Il m'a prescrit une rééducation douce pendant un mois car tout est encore fragile. Au terme de celle-ci, on se reverra et je pourrais peut-être passer à une autre étape ».
Vous semblez presque soulagé…
« C'est la première bonne nouvelle depuis longtemps. Depuis quelque temps, j'accumulais les coups durs. Là, les feux passent au vert et ça va mieux dans la tête. Jusqu'à maintenant, je subissais les événements, j'étais impuissant ».
A-t-on mésestimé la gravité de votre blessure ?
« Au départ, on a cru à une entorse. Trois semaines plus tard, on a décelé la fracture. Six semaines après, on a découvert qu'elle ne s'était pas cicatrisée, donc intervention chirurgicale. Ce n'est pas évident à gérer ».
Avec le recul, pensez-vous que vous auriez pu éviter la blessure ?
« C'était un dimanche après-midi, après un centre, la balle retombe aux 6 mètres, Yann (Kermorgant) reprend. Je suis à terre et je tends la main. Elle n'est pas assez ferme. Un tir comme des centaines d'autres. Yann était désolé. Je pense même qu'il culpabilise à chaque mauvaise étape de mon rétablissement. Mais il n'y est pour rien. Il a frappé au but, c'est tout ».
« Mathieu ne méritait pas ça »
Presque quatre mois d'absence, vous commencez à gamberger…
« J'ai trouvé en ma femme un soutien exceptionnel. Grâce à elle, j'ai tenu le coup. Le foot c'est ma vie et j'ai du mal à m'en passer. Je suis tous les jours à l'entraînement, sauf après l'opération quand j'ai dû décrocher trois jours pour me reposer. Je reste en contact permanent avec le groupe, j'assiste à tous les matches. Mais que c'est stressant de rester dans les tribunes ».
Ce soir, c'est Gueugnon qui débarque. Un match particulier pour vous…
« Je vais revoir des potes. J'ai assisté à leur défaite contre Bastia. Ils traversent une période de doutes. Mais je peux vous assurer qu'ils ne lâcheront rien. Contre nous, mais aussi plus tard, même lorsqu'ils seront mathématiquement relégués ».
Comment avez-vous perçu l'arrivée de Kossi Agassa ?
« C'est une politique de club qui semble logique. Il fallait gérer l'incertitude. Ce qui m'a gêné, c'est de n'avoir pas été informé. C'est vrai, j'ai fait un peu la gueule. Et puis, il y a le cas de Mathieu (Inthasane) qui a beaucoup cogité. Il a perdu sa place alors qu'il n'a pas grand-chose à se reprocher. Il est jeune et on va l'aider à passer ce mauvais cap. La cohabitation aurait pu être plus délicate, mais Kossi est un bon gars. Il m'avait déjà remplacé à Metz. Ça va bien se passer ».
Recueilli par Gérard Kancel
***
Il n'y a pas à réfléchir…
L'enjeu
Avec seulement cinq points d'avance sur le premier non relégable, Amiens, Reims n'est pas encore tiré d'affaire. Même avec un match de plus à jouer (contre Bastia). Les Stadistes ont fait leurs comptes : pour s'éviter une fin de saison délicate, ils devront assurer à domicile où ils n'ont pas gagné depuis le 19 octobre (Montpellier 2-1).
Vaincre la lanterne rouge est devenu une exigence avant le déplacement toujours redouté à Dijon et la réception du voisin troyen.
Les clés
Aussi paradoxal que celui puisse paraître, pour gagner, le Stade devra surtout éviter d'encaisser des buts. Lors de ses dernières réceptions – face au Havre et Grenoble – à Delaune, il en a concédé 7. Hors de leurs bases, les Forgerons ne sont pas des foudres de guerre, sera-ce suffisant pour permettre aux Rémois de se découvrir sans risque ? Pas sûr, d'autant que l'équipe d'Alex Dupont, pointant à 8 points du 17e, Dijon, ne lâchera pas le morceau sous peine de couler définitivement. Son salut passe par un succès en Champagne.
Adversaires à surveiller
Coup de poker ou reflet de la réalité bouguignonne ? Alex Dupont a profondément remanié son onze de départ, en laissant sur le banc des habituels titulaires que sont Morestin, Marty, Maurel et Bertin.
Le danger bourguignon viendra de la fraîcheur et de l'audace collective et de la rapidité du duo Barry – Kébé, appelé à évoluer en pointe.
Paroles de coaches
Thierry FROGER : « C'est vrai que ça fait un peu de temps que nous n'avons pas gagné à la maison. Cette victoire contre Montpellier coïncide à la blessure de Féret. Pour parvenir à nos fins, il nous faudra mettre l'état d'esprit nécessaire, du rythme et de la volonté ».
Alex DUPONT : « Nous n'avons plus le choix. Il nous faut gagner des matches. J'attends beaucoup de cette rencontre afin de vérifier si tout le monde est encore concerné. Tant il y a de la vie, il a de l'espoir… »
***
CE SOIR, 20 HEURES, STADE AUGUSTE-DELAUNE
REIMS : 40. Agassa
15. Fontenette, 5. Cherfa, 4. Devaux, 3. Giraudon
24. Ayasse, 19. Barbier, 26. Taider, 25. Didot (cap)
18. Kermorgant, 9. Fauré
Inthasane (16, gb), Ielsch (23), Burle (21), Baldé (20), Zerdab (10).
Absents : Akouzar, Yéhoumé, Nzigou, Liron, Truchet, Deaux, Yachir (choix)
Suspendus : Féret, Henrique.
Entraîneur : Froger.
GUEUGNON : 1. Peiser
5. Correia, 6. Adam, 32. Mouyokolo, 28. Bernardet
17. Kharbouchi, 35. Gregori, 36. Devaux, 11. Hauw
21. Barry, 26. Kébé
Tangara (30, gb), Morestin (23), Bertin (32), Maurel (4), Marty (10).
Absents : Vincent (cuisse), Fayolle (tendon d’Achille), Genevois, Cissokho (choix).
Entraîneur : Dupont.
Arbitre : M. Rainville.
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