Publié le dimanche 07 février 2010
La gare du Châtelet jouit « d'une situation centrale et d'une longue zone droite de double voie » selon le bureau de l'association.
Emmanuel Défente
ILS ont pris le train et ne comptent pas en descendre. Après la réouverture de la gare de Bazancourt, les pro-gares continuent plus que jamais leur route en faveur du site du Châtelet-sur-Retourne.
Vendredi soir, l'assemblée générale de l'Association pour l'ouverture des gares entre Reims et Rethel (Apogerr) rassemblait une trentaine de personnes pour un état des lieux du projet en marche. Et jusqu'ici, on a plutôt le temps d'admirer le paysage.
« L'année 2009 a été une année bizarre avec beaucoup d'échanges de courriers, mais pas beaucoup de choses gravées dans le marbre », commentait le président Michel Jahyer. Pourtant la municipalité du Châtelet n'a pas chômé. Députée des Ardennes, conseiller régional, présidents de région et de département, sénateur des Ardennes, chambre de commerce et d'industrie, direction régionale de la SNCF et de RFF, Pays rethélois et intercom du Junivillois… Tous les acteurs potentiels du projet de réouverture, initié en 2004, ont été sollicités.
« Bien sûr la SNCF comme RFF renvoient à la Région, à leur autorité de tutelle en matière de transports TER depuis 2002 et on s'étonne du silence du président de région Jean-Paul Bachy », précisait Michel Jahyer, conscient de la crainte d'utiliser les deniers publics pour rien.
Toutefois, plusieurs atouts crédibilisent le projet, même si le flux de voyageurs était un peu moins important qu'à Bazancourt (300 voyageurs par jour). En tête des arguments, le bassin de population autour du Châtelet représente « 5.636 habitants dans un rayon de 10 km ». « La difficulté c'est que les localités sont dispersées, mais ça fait du monde, on est largement dans la norme. Et bon nombre de personnes qui prennent le train à Bazancourt, le prendront au Châtelet », souligne le représentant de l'Apogerr.
« Et puis l'augmentation du nombre de lotissements et de jeunes actifs rendent urgent de mettre à la disposition du public un moyen de transport fiable et moins coûteux que la voiture. »
« On a des rames qui saturent »
Sans compter la galère pour se garer une fois à destination, à Reims notamment. Un point d'autant plus fort, qu'aucun transport en commun organisé n'existe sur le secteur. « Les gens d'ici n'ont pas d'alternative à la voiture, on pense aux personnes âgées ou aux jeunes qui veulent se déplacer », continue le président.
Côté coût, l'opération devrait être moins onéreuse que pour la réouverture de la gare de Bazancourt (2,2 millions d'euros).
« On ne devrait pas être obligé de faire un passage sous-terrain avec l'accès routier bilatéral...», développe Michel Jahyer.
Le site dispose d'ailleurs d'autres atouts, comme la possibilité de stationnements ou encore l'existence d'une double voie électrifiée sur laquelle les TER passent mais ne s'arrêtent pas.
Petite complication toutefois à anticiper pour la réalisation du projet : « Si aujourd'hui on devait ouvrir Le Châtelet, je pense qu'on aurait du mal avec le nombre de rames », souligne Jean-Luc Parickmiler, responsable TER Ardennes.
« Après il faudrait peut-être jouer sur la politique d'arrêts et voir avec la Région si elle est capable de refinancer, mais déjà avec Bazancourt on a des rames qui saturent. »
Plutôt un bon indice d'un réel besoin existant.
Audrey BENZAKEN









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