Publié le samedi 03 mai 2008 - Vu 8 fois
MM. Sarkozy et Linden entourent Angela Merkel après la remise du prix Charlemagne.
Jean-François Scherpereel
Reportage à Aix-la-Chapelle
ILS ne se connaissent que depuis quelques mois, mais ils se font la bise et semblent déjà très complices. L'entente entre Adeline Hazan, nouvellement élue maire de Reims, et son homologue de la ville jumelle d'Aix-la-Chapelle, Jurgen Linden, est aussi « harmonieuse » que celle qui unit les dirigeants des deux pays, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.
C'est ce que l'on a pu observer lors de la remise du prix Charlemagne à la chancelière allemande, le 1er mai.
« J'apprécie beaucoup M. Linden », a confié Adeline Hazan à l'issue de la cérémonie qui s'est déroulée dans la salle du Couronnement de l'hôtel de ville aixois. Manifestation prestigieuse, qui a réuni le Gotha européen, du roi d'Espagne Juan Carlos à Simone Veil, en passant par l'ancien président de la République fédérale d'Allemagne, Walter Scheel.
Mais aux côtés de Mme Merkel, l'invité d'honneur était le président Nicolas Sarkozy, à qui la lauréate avait demandé de dire le discours de parrainage. Ce que M. Sarkozy a fait sur un ton très chaleureux et souriant, s'éloignant de son texte - « Ce n'est pas le discours qui avait été préparé » - pour marquer son amitié envers sa « Chère Angela ».
« La presse parle beaucoup de notre couple… Je salue M. Merkel et lui recommande de ne pas croire ce que disent les journalistes. Car j'aime Angela Merkel beaucoup plus que la presse ne le dit… Je l'ai vue 12 fois en 12 mois. Je propose à M. Merkel de comparer nos agendas », a plaisanté M. Sarkozy, déclenchant les rires. Plus sérieusement, les trois orateurs, MM. Linden et Sarkozy, et Mme Merkel, ont souligné la force des liens qui unissent le « couple franco-allemand », mais aussi la nécessité de « faire avancer » l'Europe dans une paix toujours fragile. Chose rendue possible par la « détermination » d'Angela Merkel à « sortir l'Union européenne de l'ornière » dans laquelle elle se trouvait grâce au « traité simplifié » de Lisbonne.
C'est cette détermination qui a valu à Mme Merkel de recevoir le 50e prix Charlemagne. Une distinction qui honore les grands acteurs du continent pour leur contribution au renforcement de l'Europe.
Elle succède ainsi à des personnalités comme Jean Monnet, Winston Churchill, le chancelier Adenhauer, Robert Schuman, Georges Marshall, Simone Veil, François Mitterrand, Helmut Kohl… « Je suis très satisfaite que la lauréate soit Mme Merkel, car son histoire est remarquable », s'est réjouie Mme Hazan, « impressionnée par la qualité des personnalités présentes ».
Réelle amitié
Parmi celles-ci : la délégation rémoise, Jean-Louis Schneiter et son épouse, Roger Vache (ancien M. Jumelage de Reims) et Henri Desdouits, le président du comité Reims/Aix.
Cette délégation a suivi l'ensemble des manifestations officielles du prix Charlemagne - dont la messe solennelle à la cathédrale - non seulement par le fait du jumelage, mais aussi grâce à la réelle amitié qui unit les responsables des deux villes et devrait perdurer malgré leur renouvellement récent pour Reims et prochain pour Aix-la-Chapelle.
Une amitié réelle aussi chez les citoyens ordinaires, comme le prouvait le stand du jumelage Aix-la-Chapelle/Reims, dont de très nombreux membres parlent le Français et « aiment la France ».
Jean-François Scherpereel
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