Publié le jeudi 15 octobre 2009
Thierry Froger complice avec Yann Kermogant, un soir (victorieux, 3-1 devant Niort) d'août 2007 à Delaune. Que la roue tourne vite dans ce « milieu très individualiste »...
Christian Lantenois
SEIZE mois après avoir quitté le Stade de Reims, Thierry Froger, 46 ans, est toujours en quête d'un job.
Après une année de recul, le Manceau se dit prêt à se lancer dans une nouvelle aventure, mais se heurte aux difficultés économiques de la profession.
Thierry, que devenez-vous depuis votre départ du Stade de Reims, en juin 2008 ?
« Je vis comme tout entraîneur à la recherche d'un emploi. Il faut prendre des contacts et surtout rester coûte que coûte dans le circuit.
Quand on bosse, on s'investit à 100 % dans son club et on néglige les contacts avec le monde du foot ».
Que fait-on, justement, pour rester dans le circuit ?
« Au départ, je recherchais un projet sur deux ou trois ans. Il faut un peu de temps pour bien travailler dans un club.
« A un moment donné, anticiper »
Pendant un an, j'ai espéré. Le problème c'est que nous sommes beaucoup sur les postes et, à chaque fois, il n'y a qu'un élu.
Il faut donc aller chercher les contacts, rencontrer des gens qui parleront de vous à d'autres gens.
On ne peut pas attendre éternellement que l'on vous sollicite, à un moment donné, il faut anticiper ».
Vous aviez été consultant télé, pourquoi ne pas avoir réactivé ce réseau ?
« C'est une bonne expérience qui permet de rester présent dans le milieu. Avec Eurosport, il y a quelques années, je travaillais avec les entraîneurs en place. Pour préparer un match, j'échangeais beaucoup avec eux. J'ai fait une demande pour intégrer l'équipe des consultants de Canal. L'approbation orale que j'avais reçue ne s'est pas concrétisée. Là, je vais travailler avec Ma Chaîne Sport. Je vais commenter Clermont-Caen vendredi (demain, L2) prochain ».
Votre syndicat vous vient-il en aide ?
« Bien sûr. L'été dernier, j'ai encadré une équipe de chômeurs lors du tournoi de l'UNFP.
« J'ai refait mon passeport »
J'ai constaté que certains entraîneurs passaient leur temps à se plaindre. Nous évoluons dans un milieu très individualiste.
Par l'intermédiaire de l'Unecatef, j'ai demandé à suivre un stage d'anglais. Ça peut toujours servir ».
Partir à l'étranger ne vous fait pas peur ?
« Non. J'ai failli partir au Costa Rica, dans un club qui recherchait un coach français ou au CS Sphaxien, en Tunisie. Je bosse aussi avec des managers qui œuvrent aussi à l'étranger. J'ai refait mon passeport, je suis prêt ».
Suivez-vous encore le parcours de vos anciennes équipes ?
« Je suis un peu déçu et attristé par le parcours de Gueugnon. Quant à Reims, tant qu'il n'y a pas trop d'écart avec les premiers, tout est possible sur 38 journées. Je souhaite sincèrement que le Stade de Reims remonte, car il n'a rien à faire là.
Son niveau, c'est la L2. C'est à ce niveau que le club a érigé ses structures. Il suffit d'être un peu patient ».
Recueilli par Gérard KANCEL









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