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L'aéroport marnais perdra cette année le tiers de son activité Le low cost peut-il

Publié le samedi 27 juin 2009 à 01H00 - Vu 5 fois


L'aérogare de Vatry construite en 2004. René-Paul Savary comptait sur « 250 000 à 300 000 passagers par an pour éviter le déficit ». Il y en eut 10 000 en 2004, 7 000 en 2005…

L'aérogare de Vatry construite en 2004. René-Paul Savary comptait sur « 250 000 à 300 000 passagers par an pour éviter le déficit ». Il y en eut 10 000 en 2004, 7 000 en 2005…

Hervé Oudin


VATRY va mal. Même les zélateurs du troisième aéroport de fret aérien français (très loin derrière Roissy et sur les talons de Toulouse) en conviennent. Depuis l'automne, la crise financière cloue les avions au sol. Après trois ans de stabilité (37 000 tonnes en 2005, 2006 et 2007), les 41 200 tonnes de 2008 avaient pourtant redonné du baume au cœur des défenseurs du beau et coûteux jouet d'Albert Vecten, ex-président du conseil général de la Marne (200 M€ investis depuis 1993).
Patatras. Plus sensible que d'autres secteurs aux soubresauts économiques, l'aviation marchande est aussi plus vulnérable quand le vent tourne. Sur les trois premiers mois de 2009, le tonnage du fret français a ainsi enregistré une chute de 20 %. Vatry s'en sort encore moins bien : - 37 % en cinq mois.
Bouée de sauvetage
La Seve (la société d'économie mixte qui gère la plateforme) table ainsi sur une chute de plus du tiers du tonnage pour 2009. Et sur un compte d'exploitation en baisse de 3,5 M€. Un trou d'air que se sont empressés de combler pour moitié les élus départementaux (1,725 M€ voté vendredi dernier) alors que la subvention annuelle d'équilibre de 2,16 M€ versée par le Département en 2008 devait être la dernière (voir par ailleurs).
En attendant le retour de la croissance, toutes les idées sont donc bonnes pour tenter de redonner à Vatry un regain de dynamisme. Et voici revenir une inépuisable antienne, le trafic passager low cost. Qu'importe le passage éclair et l'échec cuisant de Ryanair à Reims en 2004, Région et Département de la Marne refusent d'enterrer a priori une voie de repli que ses détracteurs tiennent pour une périlleuse bouée de sauvetage. Avec une croissance annuelle de 15 % (contre - 2 % aux charters), le low cost, il est vrai, a le vent en poupe.
Sauf que Paris-Vatry, s'il dispose des caractéristiques techniques capables d'accueillir des gros-porteurs (une piste de 3 860 mètres par exemple) souffre d'un sérieux handicap : son enclavement ferroviaire et son éloignement des grandes concentrations touristiques et urbaines.
C'est pourtant vers Paris et l'Ile-de-France, Eurodisney ou les magasins d'usine de Troyes que lorgnent les partisans du low cost pour soutenir la nouvelle stratégie de développement de Vatry. Une perspective qui, pour l'heure, ne suscite qu'un enthousiasme prudent. D'autant qu'elle nécessiterait de la part des collectivités - et d'abord le Département de la Marne - un nouvel effort financier. Or, comme en matière aérienne seul l'incertain est sûr, il est probable que les élus y regarderont à deux fois…
Dossier Gilles GRANDPIERRE

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marcger

03/07/2009 à 17h39

On continue de rêver.
Si le projet Vatry fut une belle idée quand ses promoteurs le lancèrent, il n'est resté qu'une idée. Un idée qui ne résiste pas à la réalité des faits. Un aéroport, même uniquement dédié au fret (ce qui au passage en réduit les ambitions dès le départ)ne s'implante pas en pleine campagne mais à proximité des zones de population ou à tout le moins des grands moyens de communication rapides.
On a déployé d'énormes moyens financiers en vain faute d'avoir pu attirer les flots de trafic (coliseurs journaliers en particulier) nécessaires à sa rentabilité. De plus tout le monde savait depuis longtemps que la base 112 de Reims allait fermer et que moyennant des aménagements elle pouvait devenir l'Arlésienne de l'aviation civile, le fameux 3ème aéroport parisien. Il avait même été question lors des discussions sur le tracé du TGV-est d'un tracé au nord de Reims qui jouxtait la base 112. On avait en main l'infrastructure, le lien rapide avec Paris et on a préféré développer une plateforme éloignée de tout en pariant sur un avenir plus qu'incertain. Nul doute que les rivalités de clocher de tous ordres ont joué leur rôle dans cette décision absurde.
Non contents de ce fiasco, les héritiers persistent et signent. Voilà qu'on nous ressort les low cost et Disneyland, ce dernier devant dans les rêves des décideurs locaux de l'époque générer une fois créé un impressionnant flux touristique vers Reims !
Le concept low cost développé par Ryanair et Easyjet et repris par des compagnies est-européennes est étranger à la France et aux Français qui les utilisent peu. Les compagnies low cost sont nées du besoin des gens du nord (anglais en particulier) de pouvoir se rendre en masse (ce qu'ils font en grands nombres)des grosses agglomérations britanniques vers les destinations du soleil ou les grands centres urbains touristiques (Paris, Prague, Venise, etc). D'où la réussite de Beauvais. Rêver d'installer des lignes low cost à Vatry au milieu des champs est une chimère de plus. D'autant que des institutions comme Air France ou ADP n'apprécient que moyennement ce genre de concurrence.
Il faut se rendre à l'évidence Vatry est un "bide" et le restera. Il n'a aucun avenir et fermera.
La Marne pourra ainsi s'enorgueillir d'être le seul département en France à posséder deux aéroports 'internationaux' inutilisés : Vatry et son magnifique aérogare et Reims-Champagne, installé sur la base 112 et dont le terminal passagers (refait à neuf en 1996 pour la venue à Reims du pape Jean-Paul II) est fermé sans espoir de réouverture depuis de longs mois.

Chapeau les artistes !

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