Publié le mardi 07 août 2012 à 10H14 - Vu 149 fois
A 27 ans, Mahiedine a décroché une deuxième médaille olympique. Et il n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin et se voit bien en or, en 2016, au Brésil.
DÉSORMAIS double champion d'Europe et médaillé d'argent aux Jeux Olympiques sur 3000 m steeple, Mahiedine Mekhissi-Benabbad est entré encore un peu plus dans la légende non seulement de l'athlétisme tricolore mais du sport français en général.
Et, alors qu'il n'a que 27 ans, sa rage de vaincre et son envie de remporter des titres ne sont pas encore rassasiées.
« J'ai perdu contre plus fort que moi »
Mahiedine, quel sentiment éprouvez-vous après cette 2e place ?
« Je suis tout d'abord satisfait d'avoir conservé mon rang olympique. Je n'ai pas de regrets à avoir par rapport à la course. On ne peut pas la refaire de toute façon, c'est trop tard. J'ai perdu contre plus fort que moi. Je tiens à féliciter Ezekiel (Kemboi). Il a été le plus intelligent, le plus rusé. C'est désormais un des Kenyans les plus titrés. Il entre dans la légende de la discipline. Pour le moment, j'arrive à le battre en meeting mais pas en championnat. »
Vous souffrez du genou droit (un hématome). Que s'est-il passé ?
« A 700 m de l'arrivée, Kipruto me le touche dans sa chute. Pendant un tour, j'ai eu l'impression qu'il était bloqué. Ça m'a forcément déconcentré. Mais, ça fait partie de la course, des risques du 3 000 m steeple. Et, quand Kemboi accélère au 300 m, j'ai eu un moment d'absence. Je me suis concentré sur mon franchissement de barrière, j'étais donc mal placé. Il a creusé un écart mais je n'ai rien lâché. Je me suis retrouvé 4e mais les encouragements du public m'ont donné des ailes. J'ai tout donné dans la dernière ligne droite. Je n'avais pas le droit de baisser les bras. Tout au long de la course, j'ai eu de bonnes sensations. Je me sentais très fort et je me disais même que j'allais gagner. »
« Fier de ce que j'ai réalisé »
Votre complicité avec Kemboi à l'arrivée restera comme une des images les plus sympas de ces Jeux...
« On est vraiment amis. C'est quelqu'un de toujours souriant et de très attachant. Ce qu'on a fait, ce n'est pas feint, pour les images, mais bel et bien parce qu'on s'apprécie beaucoup. Il a voulu qu'on échange nos maillots. Je lui ai répondu pas de problème. J'ai donc le maillot d'un champion olympique. »
Vous êtes désormais double vice-champion olympique.
« Le plus difficile est de confirmer une médaille dans les grands championnats. J'ai tout fait pour essayer de gagner. Je suis fier de ce que j'ai réalisé. Mais, je ne suis pas encore champion olympique ou du monde. Je n'aurais plus rien à prouver que quand je le serais.
Dans quatre ans, je n'aurai que 31 ans. Ce n'est pas si vieux que ça. J'estime que je ne suis pas encore arrivé à maturité. Je n'ai pas atteint mon summum. Je sais au fond de moi que j'ai encore une marge de progression importante. Tous les demi-fondeurs courent vite vers la trentaine.
'espère donc qu'un jour je serais champion olympique… Je vais d'ailleurs rapidement me projeter vers 2016 et Rio. En attendant, je vais savourer cette deuxième médaille olympique. Et, elle n'est pas qu'à moi. Je tiens à la partager avec mon entraîneur (Farouk Madaci). »
« La pression me motive »
Si vous aviez à comparer Pékin et Londres ?
« Cette année, j'avais beaucoup plus de pression car j'étais attendu contrairement à il y a quatre ans où je ne ressentais aucun stress. Je savais qu'on me demandait de ramener une médaille. Quand vous faites partie des leaders de l'équipe de France, il faut assumer ce statut. Ce n'est pas toujours évident à gérer. D'ailleurs, les Kenyans ont calqué leur course sur la mienne. ça prouve bien qu'ils me respectent et me craignent.
C'est une pression positive. Je suis motivé quand je sens que les gens attendant beaucoup de moi. Je pars toujours avec la ferme intention de confirmer mon statut sur la piste. »
Savez-vous que vous rejoignez Alain Mimoun, Guy Drut et Marie-José Pérec avec deux médailles olympiques individuelles obtenues lors de deux olympiades différentes ?
« Ah non, je ne le savais pas. Mais, je ne compte pas m'arrêter là. J'ai tout l'avenir devant moi. Je suis encore un jeunot. »
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