Publié le jeudi 08 janvier 2009 à 01H00 - Vu 14 fois
« J'ai dit à Luis Fernandez que s'il cherchait des guerriers, moi j'en suis un ».
Christian Lantenois
IL le dit en expirant profondément : « Que peut-il m'arriver de pire ? » Jean-Christophe Devaux subit les événements sans se départir de sa bonne humeur. A 33 ans, ce Lyonnais bon teint présente la meilleure carte de visite du vestiaire stadiste (*), avec notamment près de 200 matches de Ligue 1 dans les jambes. Arrivé en Champagne il y a dix-huit mois, il n'aura disputé que 19 matches en rouge et blanc.
Demain, c'est Strasbourg, club où il a évolué pendant sept saisons (en L1 et L2), qui débarque à Delaune. Un petit plaisir qu'il ne partagera qu'en pointillés…
Jean-Christophe, dans six mois vous arrivez au bout de vos deux ans de contrat avec Reims. Le temps est passé très vite…
« J'avais choisi Reims parmi les autres possibilités qui m'étaient offertes parce que je croyais au projet proposé. La première saison, ça s'est bien passé. J'avais un bon feeling avec le coach (Thierry Froger), c'était quelqu'un de franc et direct. Dès qu'il est parti, tout s'est compliqué. »
Les choses se sont gâtées au début de cette saison...
« Didier Tholot m'a fait comprendre que je ne comptais pas parmi ses premiers choix. Il n'y a pas si longtemps, après son départ, j'ai su que c'était la direction qui ne souhaitait plus que je joue. »
Pourquoi n'êtes-vous pas parti ?
« A l'intersaison, deux clubs m'ont contacté et j'avais la possibilité d'aller voir ailleurs. Lorsque j'ai exigé du Stade de Reims qu'il ne règle ma dernière année de contrat, on ne m'a proposé que 30 % de la somme due. Les dirigeants ont joué la montre pensant sans doute que j'allais craquer. A quelques jours de la fin du mercato, ils m'ont dit que mon contrat allait être respecté. le problème c'est que je n'avais plus de proposition. Les clubs intéressés ne m'ont pas attendu. »
Vous espériez jouer malgré tout ?
« L'équipe n'avait pas de bons résultats. Surtout, elle encaissait beaucoup de buts. Dommage qu'on n'ait pas souhaité faire appel à moi. Mon expérience aurait peut-être été utile en certaines occasions. »
On vous disait blessé ?
« J'ai été blessé une fois à la cuisse et j'ai pris le temps de me soigner afin d'éviter la rechute. »
Vous avez été utilisé en CFA2...
« C'était sympa de jouer avec les jeunes. Ça me permettait de garder le moral. Et comme, en plus, nous gagnions nos matches… »
Avez-vous pensé mettre un terme à votre carrière ?
« Non. A 34 ans, j'estime que je ne suis pas fini. Il n'y a qu'en France qu'on pense que les trentenaires sont bons pour la retraite. »
Comment fait-on pour supporter une telle situation ?
« Psychologiquement, ce n'est pas évident. C'est un rapport de force. On veut faire valoir ses droits et on se retrouve dans la bordure. C'est aussi ça le foot professionnel. »
Luis Fernandez peut-il vous relancer ?
« J'ai eu une discussion avec lui. Je lui ai demandé de ne pas tenir compte de ce qu'on peut lui dire sur moi, que s'il avait besoin de moi j'étais prêt. Que s'il recherchait des guerriers, j'en étais un. »
Contre Strasbourg, ce serait bien…
« J'y ai passé de super moments. J'y ai gagné une Coupe de France et une Coupe de la Ligue. J'y ai vécu deux descentes et deux remontées. »
Vous auriez pu signer à Amiens, vous avez choisi Reims. Avez-vous des regrets ?
« Une carrière est faite de rencontres, d'opportunités, de feeling. Mon seul regret aura été ma blessure au tendon d'Achille à Lyon. Une semaine plus tard, je devais signer à la Lazio de Rome. »
Recueilli par Gérard Kancel
(*) 183 matches au plus haut niveau (Lyon, Servette Genève, Strasbourg) ; 61 en L2 (Strasbourg, Reims) ; 12 matches de Coupe de l'UEFA (1 but) et un match de Coupe des champions.
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