Publié le mardi 23 décembre 2008
ON attendait un traitement de choc et c'est une vraie piqûre de cheval à laquelle on a droit. Le Stade de Reims, lanterne rouge de Ligue 2 avec deux succès en 18 matches et la plus mauvaise défense du lot, va changer son staff technique. Arrivé en juin dernier, le sympathique Didier Tholot fait les frais de ce début de saison raté. L'ex-Libournais n'est pas plus responsable que ses dirigeants et ses joueurs du fiasco, mais les règles, certes contestables, du football sont ainsi faites, que c'est lui qui paie les pots cassés. Fusible désigné, Tholot laissera derrière lui regrets et interrogations. Il se sentait prêt à faire décoller la fusée stadiste et s'est investi sans retenue dans ce challenge. Las, les réacteurs ont manqué de puissance et le gros oiseau est resté cloué au sol. Entre un recrutement raté, une bourde administrative, des blessés à tire larigot, un manque flagrant d'attention en défense et d'opportunisme en attaque, une réussite fuyante et un public désabusé, le Stade de Reims qui a traversé l'été et l'automne comme un fantôme, préparait déjà son baluchon pour le National. Après avoir longtemps hésité, ses dirigeants ont tranché dans le vif. Débarquer Tholot était devenu inéluctable, du moins dans leur esprit. Encore fallait-il trouver le coach idoine pour mener à bien une mission impossible. « Un homme à poigne, réclamaient les supporters, capable de botter le c… de ces fainéants ».
« Un beau challenge »
L'opportunité Luis Fernandez s'est ainsi présentée. L'ancien international, spécialiste des cas désespérés - l'Espanyol Barcelone en 2003, le Betis Séville en 2006 - sera-t-il le « right man at the right place » ?
Hier, à l'entame de son émission quotidienne sur RMC, il a confirmé les contacts avec le Stade de Reims.
« J'ai rencontré le président de Reims, j'ai discuté avec lui. C'est un beau challenge que de sauver un grand nom du football français. Ça peut toujours me tenter, mais il y a encore des choses à régler ».
Une information confirmée en Champagne : « Nous confirmons les contacts, avouait hier soir le vice-président stadiste, Didier Perrin. Des négociations sont entamées mais, pour l'instant, nous avons un entraîneur en place et sous contrat ».
De Saint-Etienne, Didier Tholot confirmait lui aussi avoir lu et entendu le nom de Luis Fernandez comme son possible successeur. Sans plus. La reprise de l'entraînement étant toujours fixée à samedi 10 heures, la situation se décantera rapidement. dans un sens ou dans l'autre. Il semblerait pourtant que ni les exigences financières ni le choix d'un adjoint ne soient de nature à bloquer les discussions.
Didier Perrin et Olivier Létang, le directeur général, tentent de rassembler tous les éléments nécessaires à une bonne transaction. Car le Stade se doit de réussir son pari de glaner 30 points lors des vingt matches inscrits à son programme 2009. Avec Fernandez, c'est un gagneur qui débarque aux Thiolettes. L'ex-coach du PSG placera les joueurs face à leurs responsabilités car il sait que sa réputation souffrirait d'un lourd échec chez les Rouge et Blanc.
Remettre le Stade de Reims dans la lumière, le défi le tente.
« J'ai envie, c'est vrai, affirmait-il hier au téléphone peu après avoir lâché l'antenne, mais je ne peux rien dire pour l'instant, l'affaire suit son cours ».
Gérard Kancel









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