« Si Rimbaud existait aujourd'hui serait-il publié ? »

Publié le vendredi 19 octobre 2007

Pendant un mois, Vincent Froehly et Bernard Latuner ont parcouru les Ardennes à la recherche de l'héritage rimbaldien.

Pendant un mois, Vincent Froehly et Bernard Latuner ont parcouru les Ardennes à la recherche de l'héritage rimbaldien.

« Ici, il est mort une fois encore. » Un homme en noir arpente le musée Rimbaud de Charleville-Mézières. Il est l'un des principaux personnages du documentaire de Vincent Froehly De terre, de ciel, de Rimbaud. Un film qui, loin d'être lisse, égratigne au passage la vision institutionnelle du poète.
« Sous les vitrines, fait-il moins peur au monde ? », s'interroge le héros du documentaire, désolé de voir la malle d'Abyssinie « sous scellés ».
Pendant un mois, le réalisateur et l'homme en noir, alias le peintre alsacien Bernard Latuner, ont parcouru les Ardennes « qu'ils adorent » à la recherche de l'héritage rimbaldien.
Résultat : un film de 52 minutes, sélectionné au Fipa de Biarritz (un des festivals les plus importants en matière de télévision) et qui sera diffusé, samedi après-midi, sur France 3.
Ambigu, dérangeant et génial
« Ce film n'est pas une biographie sur Rimbaud. C'est une interrogation sur la place que la société de consommation laisse à l'artiste. En filigrane, le film pose la question : si Rimbaud existait aujourd'hui, serait-il publié ? », explique le réalisateur.
L'homme en noir incarne « un artiste sur les pas d'un maître ».
De Charleville-Mézières à Roche, de la frontière belge à Juniville, il rencontre des Ardennais, ceux de la rue, du marché, du quotidien et les interroge sur Rimbaud, ce personnage ambigu, dérangeant, dangereux et pourtant génial.
Si la poésie est difficile à lire, si elle semble réservée à une élite, le parti pris de ce documentaire est « de rendre Rimbaud au peuple ».
« C'est l'humain le plus intéressant », souligne le réalisateur.
On rencontre aussi les « passeurs ». À Charleville, le rimbaldien Yanny Hureaux parle de l'« Ardennais ordinaire », « Arthur Rimbaud-Cuif, paysan de Roche ».
À Roche, Maryse Aubry consacre son temps et son espace au poète qu'elle aime comme « son maître et son enfant ». À Juniville, Marc Gaillot s'occupe de l'Auberge dédiée à Verlaine et aimerait en faire « un espace de vie », « de création ».
Des artistes témoignent à leur tour, Sleziak et Hervé Tonglet. Ils parlent du poète, le ressuscitent, poursuivent son œuvre en quelque sorte.
Nathalie Diot
« De terre, de ciel, de Rimbaud », de Vincent Froehly, sera diffusé sur France 3, samedi 20 octobre, à 16 h 20.

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