Publié le dimanche 18 avril 2010 à 11H00 - Vu 63 fois
Avec 1 221 joueurs, les championnats de Troyes ont battu le précédent record de fréquentation détenu par Aix-les-Bains, l'an dernier.
ÀTroyes, c'est l'événement de l'année. Jusqu'à aujourd'hui, la cité auboise accueille les 48e championnats de France des jeunes joueurs d'échecs. Une date clé dans le calendrier déjà chargé de la fédération française. Des juniors aux pupilles, quelque 1 221 accros de l'échiquier, âgés de 6 à 18 ans, se sont affrontés à l'espace Argence. Les vainqueurs seront invités à participer au championnat du monde, leurs seconds au championnat d'Europe.
La manifestation troyenne avait valeur de test. La France (10e nation mondiale) fait actuellement partie des cinq meilleurs pays dans la catégorie jeunes. Elle est surtout leader en Europe.
Les championnats nationaux permettent aussi d'évaluer les forces des ligues régionales et des clubs. Et de ce point de vue, force est de constater que la Champagne-Ardenne est à la traîne. Un millier de licenciés au total, une vingtaine de clubs : « C'est inexplicablement peu », reconnaît le Rémois Benoît Billon, président de la ligue régionale.
Il y a tout de même une raison de fond. Contrairement à l'Alsace, par exemple, la Champagne-Ardenne ne dispose pas de clubs suffisamment structurés pour attirer les meilleurs joueurs et les entraîneurs de renom. Seuls l'Échiquier Châlonnais et le « Reims Échec et mat » font exception à la règle. Les deux clubs se sont construits une réputation nationale en recrutant les champions en herbe, un peu comme le font les clubs de foot. « Cela permet d'améliorer les palmarès et de rapprocher les clubs de l'élite, à l'image de l'Échiquier châlonnais qui vise le podium national. »
Retombées
À la clé de ces « transferts », pas d'enveloppes financières (sinon le défraiement des déplacements des joueurs) mais un encadrement de haut niveau grâce auquel les jeunes talents progressent plus vite.
Le revers de la médaille, c'est que les cadors en herbe ne sont pas toujours issus du sérail local. Ainsi le « Châlonnais » Tangi Migot, 4e junior national, est en réalité Breton. Et la surdouée châlonnaise Salomé Neuhauser, première minimette de France, est licenciée à Mulhouse, même si elle réside toujours à Châlons. « Ces déplacements obligent les jeunes à jongler avec les horaires et les déplacements. Lors des grands championnats, ils doivent parfois sécher les cours. S'ils sont au-dessus du lot, il arrive un moment crucial où il leur faut choisir entre les échecs et les études. »
Reste que la notoriété de quelques clubs locomotives ne rejaillit pas toujours localement. « Les performances de l'Échiquier châlonnais ont peu d'impact sur la médiatisation du jeu », regrette Benoît Billon qui se réjouit de la « bonne pub » que fait à son sport la compétition troyenne.
Une bonne pub pour Troyes, aussi. Pendant une semaine, près de 4 000 personnes ont envahi les hôtels de la ville. « C'est entre 1,5 à 2 M€ de retombées pour l'économie locale », estime Vincent de Saint-Sauveur, le président du comité des échecs de l'Aube.
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