Publié le lundi 14 juin 2010 à 11H00 - Vu 113 fois
Charline Braidy ira à Roland-Garros grâce à Caroline Colomb.
RETRAITÉ de la Direction nationale, Gérard Valentin avait reçu un texto : « Incroyable, je suis en finale. Viens me voir ». Au clavier, l'une de ses ex-disciples, Caroline Colomb, 37 ans…
Ces championnats de Champagne-Ardenne (2e série) aurait pu être, chez les filles, ceux d'un passage de témoin entre générations. La veille, Claire Makhloufi (14 ans) avait ouvert une brèche dans le mur de l'expérience en perfant contre Laëtitia Tordo, 40 ans.
La Givetoise de Géo-André n'avait plus qu'à confirmer devant ladite Caroline Colomb pour espérer défier en finale Charline Braidy dans le derby ardennaise de la relève.
La toujours 0 du TC Troyes en a décidé autrement avec son style en « ronds » si particulier qui a déstabilisé aussi bien Claire (2/6) que Charline (- 4/6).
Le débat entre les pro et les anti-Colomb a vécu deux épisodes de plus au Creps de Reims : « Face à Caroline, il faut être forte tactiquement et mentalement, car rien que sa renommée impressionne. Elle ne lâche pas un point et fait déjouer ». Pour déjouer, Claire Makhloufi et Charline Braidy (« malgré 25 points à la volée ») ont déjoué.
La première a vite mené 2-0 pour se perdre dans la quatrième dimension : « Dans ma catégorie d'âge, je n'ai pas l'habitude de rencontrer ce style de jeu. Les balles sont plus tendues, là, ce ne sont que des balles chopées, des amortis… ». Charline Braidy est parvenue à revenir à 3-3 dans le second set, pour elle aussi craquer sous l'avalanche des trajectoires en cloche millimétrées : « Il faut jouer vite sur le rebond », expliquait Gérard Valentin.
Geste classe !
Du jeu, pas du jeu ? « J'adore ». Caroline Colomb a fini de s'émouvoir de sa mauvaise réputation. Hier, l'ancienne du Cormontreuil TC préférait savourer son premier titre en 2e série, vingt ans après avoir bataillé avec une certaine Laetitia Tordo.
Ironie, le cru rémois 2010 aura sacré les deux (déjà) champions des + 35 ans.
Poussé en trois sets en quart par Gabriel Andruejol, Sébastien Joly (- 4/6) a su, entre partenaires de club, franchir les obstacles : Jean-Charles Robert (diminué par une blessure) puis Vincent Lévêque (- 2/6). Le professeur du Creps n'y est pas allé à l'intox mais presque : « Il m'a asphyxié en début de match. Une grosse fatigue, il faisait très lourd et la surface qui n'avance pas trop lui convenait », commentait son adversaire.
« Toutes les rencontres ont été dures ». Sébastien Jolly a « crampé sur le béton poreux » en milieu de deuxième set, mais a tenu (6-2, 6-3). Ecartant d'un sourire à peine agacé l'argument de l'âge : « Pour moi, ce n'est pas une inquiétude que je sois champion pour la neuvième fois à 35 ans, c'est une satisfaction. J'ai fait mon travail. Réussir le doublé (2e série, + 35 ans), c'est une performance ».
En « bâche » de fond, Roland-Garros : « En + de 35 ans (du 3 au 8 juillet), j'ai le temps. Non, mon objectif c'est l'Open (du 28 août au 4 septembre). Je joue bien en ce moment… ».
Roland-Garros : cette perspective qui rendait radieuse Caroline Colomb, faisait monter les larmes de Charline Braidy. A ce point que la native de Saint-André-les-Vergers a offert son visa avec classe : « Je fais déjà le championnat des + de 35 ans », confiait-elle.
Pour Claire Makhloufi, la Porte d'Auteuil c'est dès mercredi pour les France des 13-14 ans. Un autre histoire : « La meilleure est - 15 quand même ».
Jean-Pierre PRAULT
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