Publié le lundi 24 mai 2010 à 11H07 - Vu 304 fois
Un millier de fidèle pour fêter la fin de carrière de l'emblématique coach stadiste, mais des images qui ne s'effaceront pas de sitôt.
Le peuple rouge et blanc a rendu l'hommage qu'il méritait à son guide, celui qui l'a hissé par deux fois en L2. Marc Collat s'en va mais il a marqué le Stade.
BIEN entendu, on aurait espéré plus que le gros millier de spectateurs garnissant la tribune Germain. Parce qu'il le valait bien… Marc Collat a fêté hier son jubilé et ce n'est pas rien dans la vie du Stade de Reims. Par deux fois, « Pep's » a redonné de la joie au peuple Rouge et Blanc.
D'abord quand il a cicatrisé la blessure du départ de Manu Abreu en 2000 pour redonner en 18 mois un statut pro au club. Ensuite quand il est revenu aux Thiolettes il y a 12 mois. Là encore, il a retrouvé des joueurs le moral dans les chaussettes.
Pompier de service
A chaque fois, il a porté secours au malade rouge et blanc. En Champagne, il faut le savoir, le pompier de service en matière de football n'est pas Luis Fernandez, l'homme des missions impossibles ailleurs, mais Marc Collat.
Pour cela, il méritait bien la fête d'hier. C'est bête à dire mais il a presque fait trop beau.
Le soleil inondant la Champagne où le ciel est d'ordinaire si bas et triste a détourné des spectateurs de cet après-midi « festif », selon Cyril Lafond, l'ancien capitaine devenu conseiller financier au Crédit Agricole dans la Nièvre et footballeur du dimanche en série départementale (Saint-Eloi-de-Gy).
L'opposition entre les ex de Malakoff et ceux du Stade Français, le gentil galop d'entraînement entre les anciens du Stade et ceux du Racing ont levé un coin de voile sur ce que fut la carrière de joueur de Collat mais l'affiche était ailleurs. Dans les retrouvailles avec la génération 2001-2002, celle qui a redonné la L2 et donc une portion de son lustre d'antan aux Rouge et Blanc. La saison précédente déjà, le coup n'était pas passé loin. « J'avais trouvé des joueurs dans la douleur mais l'expédition en Guadeloupe » avait lancé la machine. Le Stade avait aligné 21 matches sans défaite. « L'écart était trop important. On avait finit 5e. Après la perte de Diamé sur blessure au Red Star, il n'y avait plus eu de ressources », confiait Collat.
Vu ce que « Gass » a encore donné à 38 ans sur un terrain hier, on croit le coach sur parole. Même si l'heure n'était pas hier aux regrets.
Plus jamais agent de joueurs
Elle était au bonheur d'aider Marc Collat à tourner deux pages de sa vie dans le football : il ne sera plus entraîneur du Stade ne sera plus agent non plus. « Ce milieu ne me plaît pas. Etre toujours dans le conflit avec les autres agents qui piquent des joueurs ou avec les dirigeants ne me convient pas. C'était une expérience mais je n'y retournerai jamais. »
Marc Collat pourrait plutôt être l'exemple type du maintien de la retraite à 60 ans. Il les a aujourd'hui même. A moins que…
Philippe LAUNAY
Orts : "Collat, c'était Le Guen"
Le match d’ouverture de ce jubilé mettait aux prises le Stade Français et Malakoff (2-3). Rien de bien croustillant a priori si ce n’est le plaisir de revoir Jean-Pierre Orts à Delaune.
Prêté par Cannes, il a marqué la fin de saison 1988-1989 de son empreinte. Le quadruple meilleur buteur de la D2 de l’époque entre 1988 et 1993 pensait bien hisser Reims en D1 mais « on n’avait pas de collectif et trop d’individualités ». Les Basay, Tusseau, Kundé ou Calderaro avaient raté le coche.
Un excès d’individualisme opposé au Marc Collat qu’il avait côtoyé dix ans plus tôt à Malakoff (1979-1980). Le jeune attaquant découvrait un milieu récupérateur gaucher « de grande classe. Il était en pleine possession de ses moyens, était élégant balle au pied. Avec Paul Le Guen plus tard, j’ai cru revoir Marc. J’ai fait beaucoup de clubs, vu des joueurs moyens qui ont fait de beaux parcours. Marc aurait pu faire une meilleure carrière. Il est sans doute resté trop longtemps à Malakoff. Mais, il l’a fait par amour du club. La fidélité, c’est tout lui, ça. »
L’erreur de Chenut
Il devait jouer avec les anciens du Stade mais le n° 1 de la marque Lacoste ne pouvait pas rater l’ouverture à Roland-Garros. Arrivé sur le tard, Christophe Chenut a donc joué (et plutôt bien) avec la génération 2001-2002. Au passage, il a rappelé son plaisir de venir célébrer Marc Collat : « Rien que de serrer la main des joueurs de cette époque, j’ai eu des frissons. On a vécu des moments formidables. On les doit aussi à Marc Collat. Humainement et professionnellement, c’est un garçon super. M’en séparer en décembre 2002 a été un déchirement. Après avoir vécu la Coupe de France et la remontée en L2, ce fut un crève-cœur. Je pense d’ailleurs que j’ai fait une erreur en le faisant partir. »
LES ANCIENS EN TOURNÉE
Sans Jean-Claude Blanchard donc mais avec tous les autres, les anciens du Stade ont encore quatre dates à leur calendrier: contre les anciens de l’Estac à Sommepy-Tahure (51) le 29 mai, contre le CSSA à Mouzon (08) le 5 juin, contre Lens à Mont-Notre-Dame (02) le 12 juin et contre le CSSA encore à Bazancourt (51) le 19 juin. Ensuite, la troupe du trio Giannetta-Buisset-Jezierski respectera une trêve avant d’attaquer une saison 2010-2011.
LÉTANG HUÉ
Il a fallu que David Ducourtioux fasse la police puis que le speaker fasse une annonce micro. Hier, pendant le match de gala, Olivier Létang était hué par une minorité du public à chacun de ses ballons. Le directeur général, de retour à son poste de milieu défensif, a pensé quitter la pelouse ou monter en tribunes régler ses comptes. Avant de se raviser et de laisser les sifflets s’estomper.
QUE SONT-ILS DEVENUS?
Les Noro, Denquin ou Bertrand n’étaient pas là mais la majeure partie du Reims 2001-2002 était sur la pelouse. Tous ne sont plus sur le circuit. Le point sur ce qu’ils sont devenus: Olivier Tingry (entraîneur des gardiens à Troyes, L2), Arnaud Balijon (Laval, L2), David Ducourtioux (Valenciennes, L1), Franck Mazuel (entraîneur Cormontreuil, DH Champagne), Cyril Lafond (Saint-Eloi-de-Gy, division départementale Nièvre), Ludovic Liron (Arles-Avignon, fin de contrat), Sadibou Fall (La Châtaigneraie, DH Pays de Loire), Christophe Laurent (Narbonne, DH Languedoc), Cédric Liabeuf (Vannes, fin de contrat), Sébastien Heitzmann (sans club), David François (sans club), Gaston Diamé (entraîneur-joueur Imphy-Decize CFA2), Olivier Guégan (staff Reims).
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