Publié le vendredi 19 mars 2010 à 11H00 - Vu 138 fois
Stéphane Boyot, Michel Lermat et Guillaume Pillement se sont fixés l'objectif Mont Blanc il y a un an.
PREMIÈRE VICTOIRE : « être au départ », confie Guillaume Pillement. Il s'apprête, avec Stéphane Boyot et Michel Lermat, à courir la CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix), une course de 98 km, autour du Mont Blanc, à boucler en 26 heures maxi. Avec, pour corser l'aventure, un cumul de 5 600 m de dénivelé positif.
L'épreuve se situe à mi-chemin entre la course à pied et la randonnée, sur sentiers et chemins balisés. La 3C, la « petite » course de l'ultra-trail du Mont Blanc, comporte « de nombreux passages en altitude (plus de 2 500 m), dans des conditions climatiques pouvant être très difficiles (nuit, vent, froid, pluie ou neige), nécessitant un très bon entraînement, un matériel adapté et une réelle capacité d'autonomie personnelle », vante le site internet. De quoi geler les plus ardentes volontés.
« Obligatoire »
Ne participe pourtant pas qui veut. Les inscriptions ne sont pas ouvertes à tous les fous de défis à relever. Impératif : avoir acquis au moins 1 point en terminant un trail qualificatif. Le trio a obtenu ce « pass » vers la souffrance en franchissant la ligne d'arrivée du SparnaTrail, à Épernay, en novembre dernier. Près de 57 km. Cette « formalité » accomplie, restait encore à passer la plus injuste des épreuves : « un tirage au sort bête et méchant », note Michel Lermat. 1 800 participants maximum mais « 110 % d'inscrits », remarque Guillaume Pillement. Des qualifiés allaient nécessairement rester sur le bord de la route. Le trio, lui, prendra le départ.
Depuis un an et jusqu'au jour J, le 27 août, les trois hommes se préparent. La course dans des conditions inhabituelles et avec un équipement (sac, bâtons, chaussures) rythme leurs vies et celles de leurs familles. Quand, pour certains, un marathon est le défi d'une vie, eux se ménagent les 42 km, façon entraînement. Stéphane Boyot courra bientôt celui de Paris. Guillaume Pillement, celui de Chamonix. Michel Lermat… les deux ! Il a déjà, en 2004, 2005 et 2006, fini l'ultra-trail du Mont Blanc (166 km).
« Par rapport à la course sur route, compare-t-il, l'état d'esprit est différent. L'idée n'est pas de faire un chrono. » La performance se situe plutôt dans l'endurance, la capacité à se dépasser malgré la souffrance, les coups de blues. Dans le règlement, « l'entraide est obligatoire ». Stéphane, Guillaume et Michel partagent déjà cette valeur dans leur vie professionnelle : ils sont sapeurs-pompiers.
Ils prendront le départ ensemble et veulent terminer ainsi. Ça sera leur deuxième victoire. Et comme récompenses ? La satisfaction d'être allé au bout de soi, le tee-shirt « finisher » et… le droit de revenir l'année suivante. Youpi !
Ludivine BLEUZÉ
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