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Association Argonne Madagascar Monique Parmentier raconte Manet

Publié le mercredi 01 février 2012 à 12H00 - Vu 57 fois


Monique Parmentier a remonté le cours de la vie de Manet.

Monique Parmentier a remonté le cours de la vie de Manet.


Devant une salle comble, François Duboisy, remerciant le public venu soutenir la prestation faite au nom d'Argonne-Madagascar, a ouvert la séance en présentant la conférencière. Déroulant la belle suite des tableaux du peintre Manet, elle en a remonté avec talent le cours d'une vie courte mais bien remplie.
Celui que certains gratifient du titre d'initiateur de la peinture moderne, né en 1832 dans la famille d'un magistrat, échouera deux fois à l'entrée à l'Ecole Navale. Il entre en 1850 à l'atelier du peintre Couture, auquel il tournera le dos par la suite, voulant peindre sa vision du moment des sujets de son entourage immédiat et non plus les sujets classiques de l'histoire antique.
Voyages en Espagne
Son premier tableau, les trois personnages sur un balcon, sera suivi de bien d'autres. Le buveur d'absinthe, le poison consommé à l'époque, le tableau Olympia, un nu d'un personnage qu'il peindra à plusieurs reprises, Victorine Meurent, que l'on retrouve dans le Déjeuner sur l'herbe, assise nue avec des hommes habillés.
L'Enfant au fifre reste un de ses classiques bien connu.
De ses voyages en Espagne, il peindra une Belle corrida, complétée par un tableau d'un réalisme percutant, le Torrero mort, étendu sur le sable de tout son long avec juste une petite flaque de sang dans un angle, signature de l'événement. Il a ramené aussi un portait de Lola en costume de scène.
Un de ses tableaux retient l'attention de la conférencière, celui de Maximilien de Habsbourg, ayant cédé face à Napoléon III lors de son expédition catastrophique au Mexique, il sera fusillé par ses opposants.
Le tableau rappelle de près celui des atrocités des troupes napoléoniennes en Espagne, scène d'une fusillade exécutée par Goya, avec la même disposition : le peloton aligné, la victime lui faisant face.
Toujours dans l'actualité historique de l'époque, Manet peint le bateau du déporté Rochefort.
Il rappelle le siège de Paris, les barricades auxquelles on peut croire qu'il a participé par un croquis sur le terrain, comme un vrai journaliste.
La conférencière énumère les nombreux supporters du peintre, dont Beaudelaire, Zola. De ce dernier il a réussi à faire un portrait, malgré une bonne volonté réduite avec tout un groupe dans son atelier des Batignolles.
L'arrivée du chemin de fer, la gare Saint-Lazare proche de sa demeure, lui donne une belle occasion de peindre deux femmes, dont Victorine, sur le pont au-dessus des vapeurs émises, l'autre plus jeune en robe claire, apparaissant sur un fond grillagé.
La plage de Berck, Le plein air à Argenteuil évoquent son côté impressionniste.
Victime de la syphilis
Les femmes seront des modèles largement traitées, encore Victorine bien posée, mais aussi Nana, l'héroïne de Zola, sa belle-sœur Berthe Morizot, croquée et peinte par surprise malgré elle. Enfin, son épouse, musicienne peinte à de nombreuses reprises, au piano bien sûr, avec une admiration pour son talent.
Edouard Manet, victime d'une syphilis, se verra amputé d'une jambe, opération qu'il saura supporters.
Il se donnera ensuite plus aux peintures de natures mortes, aux vases de fleurs particulièrement soignés.
Sur l'un d'eux, on remarque un sécateur, évocation du drame d'après les critiques.
Celui que les portraits faits à son époque représentaient comme un dandy à la barbe soignée mourra à 51 ans le 30 avril 1883.
Une œuvre d'importance, qui sera « ranimée » par la suite.

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