Publié le lundi 30 avril 2012 à 11H00 - Vu 103 fois
Des petits Vitryats ont déposé une fleur au pied de la stèle.
Comme un signe venu du ciel. Hier matin, la pluie a laissé place aux nuages secs. La cérémonie du souvenir dédiée aux déportés, aux internés et aux résistants a pu se tenir sans eau, devant la gare TGV de Vitry-le-François, précisément sur l'esplanade des Résistants inaugurée voici deux ans. A l'occasion de la journée nationale, et comme toujours avec beaucoup d'émotions, les Vitryats se sont souvenus de leurs déportés, de leurs héros de la résistance à l'occasion de cette 67e journée du souvenir.
Après le Chant des Marais interprété par les chanteurs de la chorale de Philippe de Vitry, le message commun a été lu par Philippe Lepage, fils et petit- fils de déportés, rejoint ensuite par Maurice Bourgeois, maire de Vitry-en-Perthois, dont le père disparut en déportation. « En cette année électorale importante, les victimes du nazisme et de la collaboration de l'État français réaffirment leur attachement à cette journée du souvenir de la déportation. […] Revenir sur le passé reste un préalable indispensable pour faire comprendre la tragédie humaine de la Déportation. […] Malgré le temps qui passe et les mémoires qui s'éteignent, nous avons aussi le devoir de rappeler les leçons de notre histoire qui appellent à la lucidité et à la vigilance. Loin de disparaître, le fanatisme, le racisme, la xénophobie ne cessent de ressurgir. »
« Il faudra que je me souvienne »
L'appel aux morts s'en est suivi. Une vingtaine de petits Vitryats, essentiellement élus au conseil municipal des enfants, ont, à chaque nom, déposé une fleur au pied de la stèle, un bloc brut de basalte d'Arménie à l'intérieur duquel deux mains ont été sculptées.
La lecture du message de l'Église protestante, écrit par Jean-Pierre Gadon, président de l'ACER de Châlons et Vitry « Pour nous souvenir », rappelant « que certains n'ont rien dit, n'ont rien fait […] et que notre histoire et nos convictions nous rendent proches », a précédé celle du poème de Micheline Maurel. Elle écrivit à Ravensbrück : « Il faudra que je me souvienne. Plus tard, de ces horribles temps. Froidement, gravement, sans haine. Mais avec franchise pourtant. »
Des gerbes de fleurs ont ensuite été déposées par les autorités présentes (élus et représentants de l'état, sapeurs-pompiers et gendarmes) mais aussi par Gisèle Probst, résistante et déportée à Ravensbruck aux côtés d'une autre Vitryate, Renée Germemont, dont le fils, Pierre, ému, a lui aussi participé à ce dépôt de gerbes. Le Cercle des XVII a joué la Marseillaise tandis que la chorale de Philippe de Vitry a interprété le Chant des partisans et Nuits et Brouillard au moment où les porte-drapeaux ont été salués par l'assemblée.
A.-S.C.
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