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Une photographe en guerre contre la mairie

Publié le mercredi 12 mai 2010 à 11H55 - Vu 144 fois


Huguette Dussange, photographe, refuse d'être, selon ses propres mots, la « poubelle » de la mairie. Elle ne photographie plus les enfants pour les passeports.

Huguette Dussange, photographe, refuse d'être, selon ses propres mots, la « poubelle » de la mairie. Elle ne photographie plus les enfants pour les passeports.


VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). La guerre est ouverte entre la mairie et la photographe de la cité rose. Les comptes se règlent à coup de lettres. La hache de guerre n'est pas prête d'être enterrée.

LA guerre est déclarée depuis deux mois. Et le conflit n'est pas prêt de se régler. Pire, il est parti pour s'enliser, chacun campant sur ses positions. La mairie refuse de ranger l'appareil photo dans un tiroir, la photographe, elle, s'interdit de prendre en photo les enfants pour les passeports biométriques. Les intéressés se retrouvent bien ennuyés, au cœur d'un conflit qui les dépasse. Explications.
Depuis l'arrivée du passeport biométrique en avril 2009 à Vitry-le-François, Huguette Dussange, photographe installée rue Aristide-Briand depuis 1972, a tenté avec son mari de négocier avec la Ville afin que cette dernière cesse de proposer la prise en photo des candidats au passeport biométrique. Pour trois euros, le service état civil effectue deux photos pour le passeport. Pratique, pas cher, certes, mais ce qui n'est pas sans ôter un peu de pain de la bouche de la photographe, la dernière de sa profession à être installée à Vitry.
Pour Huguette Dussange, qui annonce 11 euros pour 8 photos et 8 euros pour quatre photos d'identité, il est évident que c'est une part de marché énorme qui lui est volée. Depuis janvier, le service état civil a délivré 239 passeports. Elle estime perdre entre 15 et 20 prises de photo par jour avec l'arrivée de cet appareil photo à la mairie, ce qui peut représenter une perte annuelle de 10.000 euros.
« Nous avons déjà eu un coup de massue avec l'arrivée du numérique. Nous n'étions peut-être pas obligés de nous en porter un second, soupire la commerçante, soutenue par son époux. C'est peut-être une façon de nous remercier d'avoir versé 34 ans durant une taxe professionnelle à la Ville. »

Des photos refusées


« Dès avril, nous leur avons expliqué qu'il serait mieux pour nous que la Ville cesse de prendre en photo, que la concurrence était déloyale, reprend son mari. Surtout qu'un avenant à la loi leur permet de ranger l'appareil photo dans le tiroir sans se mettre dans l'illégalité. » Au départ, la commerçante a pris son mal en patience. « Le maire nous a envoyé une lettre soutenant qu'il devait appliquer la loi. Mais nous avons toujours espéré un changement, surtout avec cet avenant. » Jusqu'à il y a deux mois, lorsque le service état civil a refusé à un Vitryat des photos d'enfants pour un passeport biométrique. Ces photos avaient été prises par la photographe. « Non seulement, la Ville nous vole des parts de marché et nous fait concurrence de manière déloyale, mais en plus les employés se permettent de refuser certaines de mes photos. C'est la goutte qui a fait déborder le vase. Et j'ai donc décidé que la mairie photographierait elle-même les enfants. »
Ce refus n'est pas sans ennuyer la Ville, qui voit arriver des candidats au passeport biométrique bien dépourvus de solutions. De ce fait, une seconde lettre a été envoyée au magasin exprimant la grande incompréhension. Et dénonçant l'agressivité dont faisait preuve la commerçante. « Votre attitude n'est pas acceptable, souligne la lettre signée par Claudine Brocard, adjointe déléguée à l'état civil. La Ville n'accepte pas d'être votre bouc émissaire […] Nous avons offert aux Vitryats de faire la photo à l'endroit de leur choix […] Nous répondons ainsi aux dispositions fixées par la législation […] Votre attitude est discriminatoire. »
Une lettre qui a fait sourire la commerçante. « Je ne suis pas agressive, j'explique ma position et refuse de photographier les enfants en expliquant que je ne suis pas un dépotoir. La mairie peut prendre en photo les enfants, et si elle ne le fait pas c'est parce que les agents n'ont pas la patience. Il est vrai que cela demande un peu plus de travail et que c'est un métier de prendre des photos d'enfants, insiste la commerçante, mi-souriante. Mais c'est leur problème si cela les dérange. Il faut assumer son choix. Nous ne sommes pas la poubelle de la mairie. »
« Nous reprendrons les enfants en photo sans problème si l'appareil photo disparaît du service état civil. » Du côté de la mairie, on ne compte pas le ranger dans un tiroir. C'est un choix social qui est avancé par la municipalité pour justifier sa présence mais aussi la proposition d'un service pratique. « Les gens ne sont pas obligés de courir à droite et à gauche pour faire un passeport et certains n'ont pas beaucoup de moyens. Ainsi, proposer 3 euros pour deux photos peut aider certaines personnes. » La hache de guerre n'est pas prête d'être enterrée.

A.-S. C.

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Les dernières contributions


Lema

14/05/2010 à 14h37

Une photographie de type "identité" n'est pas à considérer comme une photographie conforme aux normes ISO OACI relatives à la biométrie. Ne mélangeons pas tout cher MANSA.
Si les photos individuelles que nos petits rapportent de leur école répondaient aux exigences biométriques (tête dégagée, pas d'expression affichée ni de sourire ... ) peu de papis et mamies réclameraient des photos pour les accrocher chez eux...
De plus ces photos prises dans le cadre scolaire ne le sont que si les parents signent une autorisation liée au droit à l'image et visant à protéger leurs enfants.
Vous avez un problème avec ces professionnels, cela semble évident, exposez-le ici plutôt que de sans cesse remettre la carte vitale sur le tapis.
A bon entendeur...

MANSA

ici, là ou ailleurs

12/05/2010 à 12h41

Il ne faut pas oublier que les photographes ont obtenu du gouvernement, lors de la mise en place du passeport biométrique, l'assurance que la photographie de la carte vitale demeurerait dans leur giron. Et à bien y regarder, il y a plus de cartes vitales en circulation que de personnes pouvant voyager en dehors des frontières européennes. Il ne faut pas non plus que les photographes "oublient" d'évoquer le scandale des photos scoalires, où, à côté des photgraphies de groupes, les seules légales, ils proposent des photographies individuelles, manifestement illégales au regard des textes en vigueur, avec des contrats les liant aux établissements scolaires probablement assez troubles, et proposant aux parents des photographies type "identité", mais qui ne répondent finalement pas aux normes légales en vigueur. Si les photographes veulent mettre sur la place publique le problème des photographies, que tout le sujet soit évoqué dans la plus grande transparence.

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