Une Laonnoise se dit victime d'un racisme « ordinaire »

Une Laonnoise se dit victime d'un racisme « ordinaire »

Publié le mardi 12 juillet 2011 à 10H22 - Vu 412 fois

LAON (Aisne) Une Laonnoise, originaire de Côte d'Ivoire, mariée avec un Français, vient de subir coup sur coup plusieurs situations qui s'apparentent à du racisme. Explication.

RAYMONDE DURAND. Difficile de trouver plus français de souche que ce patronyme. Mais derrière ce prénom et ce nom figure une quadra dont la couleur de peau montre son origine ivoirienne. Raymonde est mariée avec un Français qui réside toujours en Afrique. Mais elle, après un séjour parisien, est venue sur Laon. « Sur les conseils d'un oncle qui me disait que la ville était sympa et que je pourrais plus facilement reprendre mon activité de nourrice ou d'aide à personne âgée. » Sauf que la réalité laonnoise de cette jeune quadra est plus sombre.
« J'ai un fils, Erwan, qui est bien portant, et qui semble être pris comme souffre-douleur à l'école où il se trouvait jusqu'à présent (ndlr : Louise-Macault). Un soir, il est revenu en pleurant et je me suis aperçu qu'il avait reçu des coups au niveau du bas-ventre. J'ai contacté le directeur qui n'a pas été très coopérant. Sa seule réponse, : « il s'est battu ! » Certes, Erwan est turbulent mais… » Devant la relative gravité de la blessure, elle est allée déposer plainte au commissariat. A la rentrée, Erwan changera d'école. Fin du premier incident.

« On attend Raymonde Durand »

Arrive ensuite, le principal acte qui a fait bouillir cette femme qui n'a pas, selon la formule consacrée, la langue dans la poche. « J'ai passé une petite annonce, où je recherchais à garder une personne âgée, métier que j'ai déjà exercé sur la région parisienne. Assez rapidement j'ai eu un entretien chez un couple de la ville. J'ai pris rendez-vous et la veille au soir, j'ai retéléphoné pour confirmer le rendez-vous qui avait lieu le lendemain à 9 h 30. »
Mais lorsqu'elle est arrivée le lendemain à l'entrevue, la situation a été très désagréable pour Raymonde.
« J'ai sonné à la porte et l'on m'a ouvert. J'ai dit que je venais pour l'emploi de garde, et tout de suite, on m'a répondu qu'on attendait Raymonde Durand. Je leur ai dit que c'était moi, Raymonde Durand. Là, j'ai eu le droit à la réponse : « L'emploi a déjà été donné ». Alors que la veille au soir, il n'en était rien… Même ce matin-là puisque j'ai appelé pour signaler que j'allais arriver un peu en avance… »
Des situations comme celle-ci, aussi « louche », Raymonde n'en a heureusement jamais eu d'aussi flagrantes.
« J'ai vraiment l'impression que notre communauté, celle des gens de couleur, a vraiment du mal à s'intégrer à Laon. Alors que d'autres, comme les Africains du Nord semblent être bien acceptés… »
Quoiqu'il arrive, Raymonde a décidé de persévérer et de postuler à d'autres annonces. Et de ne pas chercher à se blanchir la peau…

L'union l'Ardennais