Publié le lundi 08 février 2010
POUR enrayer la discrimination à l’embauche, l’arme secrète, c’est la formation des DRH et de tous ceux (chefs de service notamment) qui sont amenés à recruter.
« Nous avons formé 190 cadres depuis le début de la mandature, et nous en avons encore le même nombre à former. »
Virginie Coez, adjointe à la lutte contre les discriminations, et Noémie Michelin, chef de projet sur le même thème, ont décidé que la Ville donnerait l’exemple, en interne.
« Il s’agit d’abord de mettre des mots derrière la discrimination. Même si les gens le vivent au quotidien, ils ne savent pas forcément la nommer », souligne l’adjointe. Une embauche non discriminatoire, c’est avant tout une offre la plus large possible, et cela commence dès la fiche de poste.
« A la réception des CV, on ne regarde que les critères de compétences et à l’entretien, c’est le même temps pour tous les candidats et les mêmes questions, tout au moins une base commune », explique Noémie Michelin.
La Mission n’arrête pas là son action : « Il ne faut pas oublier le temps d’accueil dans le service, pour briser la glace ».
L’action se poursuit dans le service
Noémie Michelin prend deux exemples : « Un Atsem (assistant maternel) masculin entourée de femmes ou une femme dans le secteur automobile ».
Après les cadres susceptibles de recruter, la municipalité va former ses agents qui ont un lien direct avec la population, c’est-à-dire le personnel d’accueil et les policiers municipaux. « Lors d’un recrutement, ce que l’on pense ne doit pas se traduire dans ses actes. Nous leur apprenons que c’est sanctionné pénalement. » Ce que pas assez de recruteurs savent.
Ils sont confrontés à des discriminations liées au handicap, à l’homophobie, aux origines bien sûr, « même s’il ne faut pas confondre discrimination et racisme », souligne Virginie Coez, et au sexe.
Les deux femmes se félicitent de l’avancée de la Ville depuis deux ans. « Reims est connu pour beaucoup se mobiliser sur ce terrain. Des villes et des départements sont d’ailleurs venus nous voir. »
Même s’il est évidemment trop tôt pour tirer un bilan, l’adjointe et la chargée de projet sont très heureuses des premiers résultats de cette formation. « Les cadres vont faire preuve de vigilance, pour bien respecter les critères juridiques. »
Et Virginie Coez de souligner, par deux fois, un des aspects qui l’a le plus marquée : « Pendant cette formation, la parole se libère ».
Guillaume FLATET




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