Publié le mardi 28 juin 2011 à 11H00 - Vu 141 fois
En guise de comité d'accueil du conseil municipal hier soir, la pancarte des parents de l'école Hélène-Boucher.
LAON (Aisne). Tripatouillage concernant les périmètres scolaires, l'opposition a accusé la Ville de jouer un jeu dangereux, mettant en péril l'avenir d'Hélène-Boucher.
DÈS l'arrivée sur les marches de la mairie, le ton était donné hier soir. Des représentants de parents de la maternelle Hélène-Boucher ont brandi une pancarte dénonçant la fermeture programmée de leur école.
Dans le collimateur, la mairie, qu'ils accusent de modifier le secteur scolaire, ayant pour conséquence l'inscription des enfants dans les autres écoles du quartier. Lors du conseil d'école de vendredi, le maintien du secteur scolaire a été demandé.
L'opposition municipale hier soir a abondé dans leur sens lors d'une délibération du conseil modifiant le périmètre scolaire justement, faisant que les enfants de la rue Monge (20 à 25 % des effectifs d'Hélène-Boucher, selon l'opposition) ne s'inscriront plus à Hélène-Boucher, mais à Saint-Exupéry. Frédéric Radix a parlé d'arguments spécieux de la part de la majorité : « On nous dit que ces enfants iront ensuite à l'école élémentaire Saint-Exupéry, donc autant qu'ils aillent tout de suite à la maternelle Saint-Exupéry. Dans ce cas-là, autant fermer la maternelle Moulin-Roux pendant qu'on y est. En outre, pour l'heure, les enfants de la rue Monge ne vont pas à Saint-Exupéry, mais à La Fontaine, contrairement à ce qui est dit ! » Il parle de déséquilibre renforcé, avec deux monstres scolaires qui risquent de manger le petit Poucet Hélène-Boucher.
Brigitte Fournié-Turquin le conforte, en parlant aussi de l'avenue de l'Europe et de la place des Frères-Lumière, qui ne sont pas dans la délibération, mais dont les enfants ne vont plus s'inscrire non plus à Hélène-Boucher. « Résultat, l'école Hélène-Boucher n'enregistre pour l'heure que neuf inscriptions et encore sept par rapport à des fratries. C'est bien la pérennité de l'école qui est en péril en tarissant ainsi les inscriptions à la source. Vous vous livrez à un jeu dangereux vis-à-vis de l'inspection qui ne demande pas mieux que de voir disparaître cette école. »
Pour Nicole Girard, adjointe aux affaires scolaires, il s'agit de répartir au mieux les enfants après la décision de l'inspection de fermer une classe à Hélène-Boucher. « Avec trois classes, il ne faudrait pas que l'école soit surchargée. Depuis 2001, nous adaptons le périmètre scolaire à la demande d'enseignants pour maintenir des classes. Ce fut le cas en faveur de La Fontaine à un moment et de Saint-Exupéry cette année. Nous devons faire preuve de souplesse. »
Le maire, Antoine Lefèvre, indique que c'est l'inspection qui décide ou non de fermer les classes.
« Nous nous adaptons en effet. Mais je le répète, il n'est pas question pour nous de condamner Hélène-Boucher. Nous souhaitons que cette école soit maintenue. Nous ferons en sorte qu'elle le soit. Je n'y peux rien si on ne me croit pas. »
Il balaie le terme de « monstres scolaires », précisant qu'à une époque l'école Saint-Exupéry comptait 24 classes. « Et Hélène-Boucher paraissait alors tout aussi petite à côté, mais elle est toujours là aujourd'hui. C'est comme pour Champfleury qu'on m'accusait de vouloir faire disparaître et qui existe toujours », a conclu le maire, indiquant qu'il s'était déjà expliqué sur le sujet lors du dernier conseil, alors que l'opposition avait décidé de quitter la séance.
Yann LE BLÉVEC
yleblevec@journal-lunion.fr
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