Publié le vendredi 27 février 2009
Des élus castels et braslois en ont ras le bol que le projet de la Maison Alzheimer traîne en longueur.
Frederique PETRE
«CE dossier n'a que trop duré ! On a trop joué avec. Il doit aboutir. Ou alors on le dit solennellement : on le sabote ! ». Jacques Krabal, le maire de Château-Thierry ne mâche pas ses mots en cette dernière séance de conseil municipal, rue du Château.
Ce dossier qui traîne en longueur, c'est celui de l'Ehpad, Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, baptisé aussi Maison Alzheimer qui doit sortir de terre dans la rue des Garats à Brasles.
Mardi soir, rebelote en mairie de Brasles cette fois. Aux côtés de Michèle Fuselier, le maire, deux adjoints Braslois, quatre élus de Château-Thierry et la directrice du centre communal d'action sociale. Ils en ont assez d'attendre. Le projet piétine, le promoteur s'impatiente et au final, cette maison tant attendue risque de leur passer sous le nez. Alors, ils s'indignent : « Il est important que ce projet voit le jour pour le territoire », déclare Michèle Fuselier. Il n'a vu que trop d'embûches. C'est un projet qui rejoint les préoccupations de la commune de Brasles. Il est prévu dans un éco-quartier, autrefois zone de non-droit (le chenil, les sans domicile fixe, la déchetterie y ont été implantés) ». Sans oublier l'attente des proches de patients atteints par la maladie Alzheimer. « On ne fera pas un accueil pour personnes âgées riches ! », précise Michèlee Fuselier. « Il ne doit pas y avoir de politique politicienne sur un tel sujet, renchérit Isabelle Jacob. La Ville a été suffisamment patiente, les citoyens aussi. À la longue, ça fatigue tout le monde ».
« Rigueur mal placée »
Le maire de Brasles, remonté, enchaîne : « C'est une triste façon de faire de la politique. Cette rigueur, j'aurai appréciée que M. Jourdain l'ait appliquée dans d'autres domaines (NDLR : l'élue fait référence au surcoût engendré au sein de la communauté de communes et de la ville pour réaliser les abords de la future crèche sur la route de Verdilly). C'est facile de donner des leçons mais qu'on regarde devant sa porte avant ! ».
Pour Mohamed Rezzouki, adjoint aux travaux à Château-Thierry, « ce recours n'est qu'une volonté pour Dominique Jourdain d'exister ! ». Une façon de dire « ce projet ne se fera que par ma grâce ! ».
Isabelle Jacob lance : « On ne va tout de même pas faire la grève de la faim pour voir ce projet se réaliser ! ». Et Michèle Fuselier de s'offenser : « Nous avons d'autres causes (NDLR : Wagon automotive entre autres) pour lesquelles nous devons nous mobiliser ! »
L'ex-maire OK
Contacté par nos soins, Dominique Jourdain, se dit finalement prêt à lever le recours cette semaine : « Nous nous sommes écrits avec le promoteur, il s'est engagé à maintenir le prix de journée vu en Cross (NDLR : comité régional d'organisation sanitaire). Nous sommes obligés de nous contenter de cette bonne foi. Je vais recontacter Mme Jacob pour lui proposer de rédiger un protocole d'accord, un constat partagé et nous nous désisterons de notre instance devant le tribunal administratif ».
Frédérique Pétré
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Un dossier qui date depuis un certain temps déjà
- Le 30 juin, les élus castels délibèrent pour céder une parcelle de 6 500 m2 à la société Espace loisir concept au prix de 240 € le mètre carré.
- Le 3 juillet, les six conseillers municipaux de l'opposition de gauche présentent une requête en annulation de la délibération devant le tribunal administratif d'Amiens.
Ils craignent que le coût du foncier soit répercuté sur les prix de journée des patients et demandent un engagement du promoteur qui ne le fera pas.
- Au début du mois de décembre, l'équipe de Jourdain adresse une lettre ouverte sur le sujet à la majorité et propose un autre terrain, celui de Novacel.
- Le 17 décembre, Isabelle Jacob propose une motion dans laquelle elle demande à l'équipe de Dominique Jourdain de reconsidérer sa position.
Ce dernier déclare le faire dès qu'il aura obtenu l'assurance que les prix de journée ne seront pas « impactés » par le coût du foncier.
- Le 17 février, en pleine séance du conseil municipal, Isabelle Jacob demande à Dominique Jourdain s'il abandonne son recours. Elle observe que le dossier prend trop de retard. L'ancien maire s'est mis en relation avec le promoteur.
Il dit correspondre avec lui. Mais n'annonce pas la levée du recours.
- Le 24 février, des élus braslois et castels tirent la sonnette d'alarme ensemble pour faire pression sur l'ex-premier magistrat.




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