Publié le mercredi 17 novembre 2010 à 11H05 - Vu 339 fois
Certains jonglent avec les molécules, d'autres brassent les cellules. L'univers de Laurent Lucas, lui, est celui des formules mathématiques applicables aux machines.
LAURENT LUCAS est enseignant chercheur. Mais ne l'imaginez pas en blouse blanche avec une éprouvette dans une main et une calculette dans l'autre. « Je ne suis ni un chimiste ni un biologiste, et mon activité n'est pas salissante. Pour travailler j'ai besoin d'un tableau, d'un écran, d'un clavier, et c'est tout. » Lui, ce ne sont ni des molécules, ni des cellules qu'il brasse, mais des algorithmes (lire par ailleurs la signification de ce gros mot). Pas de blouse donc. C'est en jean, chemise sans cravate, pull et chaussures de sport que nous le découvrons dans son fief à l'IUT. Et c'est dans cette tenue lambda qu'il donnera ses cours au fil de cette journée.
Déjeuner sur place
« Un enseignant-chercheur doit a minima 192 heures d'enseignement sur l'année, explique ce souriant quadra portant lunettes ; pour ce qui me concerne, du fait de mes responsabilités administratives assez importantes (lire par ailleurs) je bénéficie d'une décharge : je fais donc moins de ce chiffre. »
Ses élèves ? « De bac + 2 à bac +5 ». La plupart sont ceux du département informatique de l'IUT ; une minorité sont des étudiants de la fac de sciences préparant leur mastère. « J'assure également le suivi d'élèves préparant leur thèse qui sont généralement déjà salariés. Je rencontre par exemple cet après-midi une jeune fille qui prépare un article qu'elle doit présenter en janvier prochain à San-Francisco. » Ce suivi, ce sera donc après la pause déjeuner, relativement brève, que notre interlocuteur s'accorde sur place. Il ne retourne pas manger à la maison. « Je déjeune généralement à la cafétéria ou je prends un sandwich au labo, ce qui permet de discuter avec les collègues. »
Parent d'élève aussi
Dans la matinée, deux enseignements se sont succédé : d'abord des travaux dirigés d'algorithmique, en comité plutôt restreint (28 élèves), puis un cours magistral en amphi devant une grosse centaine et demie d'auditeurs. L'occasion de jongler entre les « modes de passage d'arguments de fonction, soit par valeur, soit par copie ». Les initiés comprendront. Que les autres n'essayent pas, c'est du langage d'informaticien.
S'il lui reste un peu de temps - « je dois aussi rencontrer un étudiant syrien qui demande à être encadré pour la préparation de sa thèse » - Laurent Lucas ira faire un tour à l'entreprise 3DTV, spécialisée dans l'imagerie en relief, et dont notre homme est le « responsable scientifique » dans le cadre d'un partenariat avec l'Urca (université de Reims Champagne-Ardenne). Tout ça peut le conduire assez tard, mais aujourd'hui, il n'ira pas plus loin que 17 heures : « A cette heure-là, j'ai un rendez-vous parents - profs au collège de mon fils ! » (Laurent Lucas est père de deux enfants). Car il y a aussi une vie après les algorithmes.
Bac à Châlons, BTS à Reims
Laurent Lucas, 42 ans, est originaire de Châlons. C’est là, au lycée Pierre-Bayen, qu’il a passé son bac scientifique. Il a poursuivi par un BTS d’informatique au lycée Roosevelt de Reims, puis un diplôme universitaire (DU) sur l’imagerie, à Reims toujours, avant de partir pour Paris 8, où il a préparé maîtrise et DEA.
Ils sont actuellement comme lui 841 enseignants chercheurs à l’Urca.
Recherche par procuration
Laurent Lucas est officiellement enseignant chercheur. Pourtant, s’il enseigne effectivement, il ne cherche plus ; en tout cas plus directement : « Je ne suis plus derrière la paillasse (le plan de travail des chimistes, NDLR) ou plutôt derrière le clavier, déclare-t-il, mais je drive une équipe ». La recherche, il la fait donc par procuration, en tant que responsable d’un groupe du laboratoire Crestic (lire par ailleurs).
Autre responsabilité d’ordre administratif qui lui incombe : celle de responsable de pôle (l’Urca compte une trentaine de labos répartis en cinq pôles). Le sien, c’est le pôle mathématiques-stic (sciences et technologies de l’information et de la communication)-nanotechnologies, un pôle qui regroupe trois labos dont le Crestic. Dans ce registre administratif, une de ses tâches est la rédaction des appels à projets (qui aboutissent ou non à un financement des recherches).
Ce sont ces multiples responsabilités administratives qui justifient la décharge dont il bénéficie quant au nombre de ses heures d’enseignement.
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