La fonderie L'Union a vécu / La « verrue » a disparu

3 contributions

Publié le lundi 25 mai 2009

Débutée en février, la destruction de la fonderie L'Union s'est achevée il y a quelques semaines. Il est actuellement procédé

Débutée en février, la destruction de la fonderie L'Union s'est achevée il y a quelques semaines. Il est actuellement procédé

LA coïncidence est frappante : pendant que le musée de la métallurgie renaissait de ses cendres à Bogny, les pelleteuses grignotaient inexorablement le fleuron de l'industrie renwézienne. La plus grande des trois fonderies que compta jadis Renwez.

Après l'âge d'or, la friche était devenue ce que les élus et les habitants appelaient souvent « la verrue », située juste à l'entrée de la commune en venant de Charleville. Un lieu de passage extrêmement fréquenté.

Aujourd'hui, les dizaines de mètres de briques rouges de la façade ont disparu.

Tout comme l'enseigne Fonderie L'Union, le toit en escaliers, la cour mangée par la végétation. Restent les souvenirs des fondeurs qui y travaillèrent.

Danielle Leroux, conseillère municipale de Renwez, s'est mise en quête de rassembler des informations sur l'usine. Elle a rencontré des anciens de L'Union et retrouvé des dossiers aux Archives départementales.

Eviers et crachoirs

« Créée en 1877 », glisse-t-elle, « L'Union était à l'origine une coopérative ouvrière, d'où son nom. Plusieurs propriétaires ont ensuite racheté et dirigé l'usine : M. Grimberg puis MM. Picard et Sauerbach. »

Vidée par l'occupant allemand durant la Grande Guerre, occupée en 1936 par ses ouvriers en grève, L'Union se lançait au milieu des années 40 dans une activité d'émaillerie. Un catalogue d'époque montre l'étendue de sa gamme : éviers, lavabos, dessous de plat, porte-parapluies, crachoirs…

Cinquante ans plus tôt, on fabriquait ici des produits destinés aux sanitaires : réservoirs de chasse d'eau, grilles d'égout, radiateurs… À la fin du XXe siècle, les ouvriers se consacraient davantage au bâtiment et à la voirie (adduction d'eau, mobilier urbain), avec une spécialisation dans l'ornementation (plaques de cheminée, décor de jardin).

« Ici on travaillait de père en fils », précise Danielle Leroux. L'Union comptait 56 ouvriers à la fin du XIXe siècle, près d'une centaine dans les années 1960.

« Après la liquidation judiciaire de 2002 », explique Michel Doyen, premier adjoint, « la ville a obtenu les murs pour l'euro symbolique. Notre objectif était de retirer cette verrue. C'est désormais chose faite. »

Dépollution incomplète

La première phase des travaux, lancée en février, est terminée.

L'usine a laissé place à un tas de gravats sans âme. « Nous allons désormais réaliser un site arboré, avec des plantations et du gazon. »

Le site ne sera en revanche pas ouvert au public, car sa dépollution n'a pu être réalisée complètement. « Avec le soutien du Conseil général, de la région et de l'État, nous avons procédé à une dépollution des murs, mais pas du terrain. Le prix était absolument exorbitant. »

L'origine de la pollution proviendrait des sables de fonderie. « Ils sont composés en partie de produits chimiques », poursuit l'adjoint, « et certains sont nocifs, comme le phénol. »

Dans l'immédiat, pas question donc de rendre le terrain constructible ou d'en faire un jardin d'enfants.

Dans les années à venir, les automobilistes et les Renwéziens se contenteront de verdure.

Guillaume LÉVY

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scanneur

27/05/2009 à 11h39

Le mot "verrue" est vraiment mal choisi, je pense que la langue française est suffisamment riche pour y trouver un terme un plus respectueux. Ce sont des hommes qui ont travaillé dur dans cette fonderie et l'on ne peut pas considérer un outil de travail de cette façon, même le dernier jour, sous les coups de pelleteuses. Ce terrain, remis à plat, servira bien à autre chose ... sauf pour une usine.

Honchamp

25/05/2009 à 22h31

Le titre de l'article sur la disparition de "l'Union" est mal venu, voire méprisant pour tous ceux qui y ont travaillé. Par ailleurs, je séjourne à Renwez régulièrement, je n'ai jamais entendu personne appeler cette usine "la verrue". Elle était certes devenue une "friche industrielle", mais je suis étonnée que la municipalité, toujours prête à acheter, investir, construire, n'ait pas trouvé le moyen de conserver cette construction, typique de l'architecture industrielle. Pollution? Jardin ? Pour combien de temps? Et si la municipalité classait le site comme définitivement inconstructible? Je crains hélas un jour une juteuse opération immobilière...Ce serait faire peu de cas de la Mémoire industrielle.. Hélas, le mal est déjà fait...

tatakikine08

25/05/2009 à 19h19

Bon eh bien faute d'argent laissons la nature "pourrir" comme on dit chez nous et protégeons nos enfants ou notre conscience plutôt (faute d'argent car trop onéreux) que d'investir pour rendre un air pur à Renwez... et c'est sûr personne n'ira jouer dans cette verdure : ni les enfants ni les toxicos ni les ados rebelles...

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