Publié le samedi 23 juin 2012 à 11H00 - Vu 48 fois
Jamais trop vieux, jamais trop jeune pour la carte de donneur !
CHAUNY (Aisne) Une session d'information, est proposée au personnel de l'hôpital pour en faire le meilleur relais possible auprès du grand public sur le don d'organes.
«MÊME si je serais morte, ça me ferait peur ! » C'est sorti tout de go, sans branchement du correcteur grammatical mental ! Cette élève de l'Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), en pause cigarette, hier après-midi, vient de lire l'affichette collée sur la porte de l'amphithéâtre de l'établissement, au sein du centre hospitalier de Chauny, annonçant un programme de débats sur le thème du don d'organes et de tissus.
Ayant capté cette réaction instinctive, je souris intérieurement, mais l'élève ajoute déjà, cette fois à mon adresse : « C'est absurde ce que je viens de dire, non ? » C'est vrai que c'est absurde. C'est aussi vrai qu'avec une grammaire peut-être plus élaborée, je n'aurais pas dit autre chose. Et c'est bête.
J'ai bien besoin d'écouter Dominique Petit, le président de l'Association pour le don d'organes et de tissus du département de l'Aisne (Adot 02), qui me rappelle, avant de lancer cette session d'information, toute l'importance des dons d'organes, tissus, cornée et moëlle osseuse, cette dernière en lien avec l'Établissement français du sang.
Dominique Petit a créé la « section axonaise » de l'adot en 1980, avec quelques amis. Ils interviennent, aussi régulièrement que possible, dans des collèges, lycées et entreprises pour promouvoir la démarche de don d'organes. « Nous sommes aussi présents avec des stands lors de brocantes, marchés aux fleurs… »
Les chiffres tombent au fil de la conversation : 15 000 personnes en attente de greffe en France, 4 900 greffés par an, peut-être deux cents décès annuels par manque d'organes ou problèmes d'incompatibilité, 9 000 donneurs recensés dans l'Aisne…
Dominique Petit sait que le combat pour rendre le geste de don normal n'est pas gagné : « Dans un collège, dans les groupes d'élèves que je rencontre, il y a toutes sortes d'écoute. Je suis content quand un jeune vient me voir pour faire sa carte de donneur, sachant qu'on lui conseillera de le dire à ses parents, qui auront le dernier mot pour ou contre le prélèvement s'il lui arrive quelque chose avant ses 18 ans. »
Une volonté
C'est clair. La carte de donneur n'a pas de valeur juridique, que l'on soit mineur ou majeur, mais elle sert à aider les proches à prendre la bonne décision, « à suivre la volonté de la personne décédée ».
La séance qui s'ouvre à l'IFSI, présidée par Philippe Arezki, directeur du centre hospitalier, organisée par Catherine Satola, cadre supérieur de santé au CHG de La Fère, et Geneviève Foirest, directrice de soins infirmiers, avec la participation du Dr Jean Tchaoussoff, maître de conférence, est ouverte au personnel de l'hôpital et aux élèves infirmières dans le cadre de la certification des hôpitaux contrôlée par la haute autorité de santé, dans l'idée d'en faire des « relais d'information » auprès du grand public. À moi, aussi, de répercuter la bonne parole, et puis à vous…
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