Interdits d'association depuis 1993 Les Kurdes se regroupent au sein de Mésopotamie

Publié le jeudi 12 novembre 2009 à 01H00

Dimanche, plusieurs centaines de personnes étaient réunies salle Goulin.

Dimanche, plusieurs centaines de personnes étaient réunies salle Goulin.

POUR tuer dans l'œuf la fédération Yekkom Kurdistan, accusée « d'agir sur le territoire français en vue de provoquer des actes de terrorisme en France ou à l'étranger », l'ancien ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, n'avait rien trouvé de mieux en 1993 que de dissoudre toutes les associations rattachées à cette fédération.

Et c'est comme cela qu'un beau matin, à Reims, un officier de la police judiciaire s'était présenté auprès des responsables de l'association culturelle des Kurdes basée 3, avenue Bonaparte pour leur faire signer une notification de dissolution. Ce qu'ils avaient refusé.

Le temps a passé et si la diaspora kurde fait moins parler d'elle, ce peuple originaire de la Mésopotamie, et dont l'essentiel des populations (40 millions de personnes) est éclaté avec plus ou moins de bonheur (et de persécutions) sur la Turquie, la Syrie, l'Iran et quelques pays de l'Ex-URSS, n'a toujours pas d'État.

Pire, il perdrait petit à petit ses racines, sa langue, sa culture.

Afin de permettre aux Kurdes de la région de Reims de mieux s'intégrer dans le pays rémois tout en leur permettant une émancipation sociale, culturelle, professionnelle et personnelle, Sebahattin Ciftci, Théodore Tasdelen et Suphi Ayalp ont décidé de créer une association culturelle franco kurde.

Baptisée Mésopotamie, ayant son siège social 74, rue Bazin, elle a réuni, dimanche, plusieurs centaines de personnes salle Goulin en présence du conseiller général et premier adjoint Éric Quénard et du conseiller général Alexandre Tunc.

Cherche salle

Originaire des Ardennes, arrivé en France en 1983 pour retrouver son père qui y était entrepreneur depuis 1973, Sebahattin Ciftci, président fondateur de l'association, a rappelé les différents objectifs de l'association : organiser des cours de français afin de plus facilement dialoguer et communiquer avec le peuple français ; organiser des cours de langue kurde, de danse folklorique et de musique, ouvrir un atelier informatique, avoir des équipes sportives (football). L'association entend mener des actions de prévention et de lutte contre les violences touchant les femmes et assister les femmes victimes de ces violences. En matière de santé, elle souhaite également mettre en place un plan de prévention santé pour les femmes. Afin de venir en aide aux mères de famille immigrées, Mésopotamie voudraient organiser des actions de soutien scolaire et d'animations les mercredis et samedis après-midi.

Par ailleurs, outre la mise en place d'un bureau d'aide juridique et sociale, l'association franco kurde éditera un bulletin trimestriel pour faire connaître la situation actuelle des Kurdes. Enfin, des réunions, des sorties et des soirées seront régulièrement programmées.

Alain MOYAT

L'association est à la recherche d'une salle pour ses activités. Pour tous renseignements, Tél.06.07.42.57.55.

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