Hôpital / La CGT dénonce le management

Publié le vendredi 30 octobre 2009 à 01H00

Le 17 octobre, Valérie a découvert que son contrat s'arrêterait à la fin du mois, après six années de services passées au sein de l'équipe de bionettoyage (services de soins).

Le 17 octobre, Valérie a découvert que son contrat s'arrêterait à la fin du mois, après six années de services passées au sein de l'équipe de bionettoyage (services de soins).

J.G.-A.

VALÉRIE PERREIRA peine à réprimer ses larmes. Demain, elle viendra travailler à l'hôpital d'Epernay, pour la dernière fois. « Ils me font ça maintenant, juste avant Noël, comment je vais faire moi, pour les enfants, et le crédit ? », ne cesse-t-elle de répéter.

Cela faisait six ans que l'établissement renouvelait son contrat d'agent de service hospitalier. Six ans déjà, six ans enfin, se disait-elle. Car au bout de cette longue période, cette mère de 38 ans aurait finalement dû être embauchée définitivement, ou être titularisée.

Et c'est bien cela qui fait tiquer Chantal Berthelemy, la secrétaire générale de la CGT de l'hôpital et son trésorier Alain Heuleu, qui dénoncent surtout la méthode utilisée dans l'établissement public. « En 35 ans, je n'ai jamais vu ça, déplore ce dernier. Moi, c'est ce que j'appelle du harcèlement, même si la direction m'a interdit d'utiliser ce mot. »

Problème d'encadrement

Dans ce cas pourtant, rien d'illégal. L'hôpital a parfaitement le droit de ne pas poursuivre ce contrat pour en commencer d'autres. Mais les syndicalistes en sont certains : on a tenté de faire craquer Valérie pour qu'elle quitte d'elle-même son poste. « Ce n'est pas le seul cas parmi les quatre-vingts agents de service hospitaliers, mais personne n'ose faire trop de bruit, ils craignent pour leur travail. » Car beaucoup d'entre eux, expliquent-ils, sont contractuels.

Les syndicalistes n'entendent pas pour autant en rester là. À leurs yeux, l'encadrement de ce service pose un véritable problème pour le personnel. « Et nous voulons à tout prix éviter d'en arriver à des situations dramatiques, comme chez France Télécom », poursuit Alain Heuleu.

Peu d'espoir

Mardi, un CHSCT exceptionnel sera même en partie consacré à cette question. Pour que les méthodes de management soient évoquées. Et pour que de telles situations ne se reproduisent pas. Au moins sur la forme. « Il faut quand même savoir que j'ai appris la mauvaise nouvelle en regardant mon planning, le 17 octobre, pour une fin de contrat le 31 ! », ajoute Valérie, révoltée.

D'autant plus qu'il y a deux ans, elle avait demandé la possibilité de travailler à 80 % pour chercher un travail fixe ailleurs. « À cette époque, on me l'a refusé, on voulait me garder… » Alors Valérie n'en démord pas. Ce qu'elle veut, c'est son CDI. Même si les syndicalistes, eux, y croient peu.

En attendant, ils comptent batailler pour aider Valérie à ne pas baisser les bras. Et le pire, pour la jeune femme, est de savoir que c'est l'hôpital qui va lui payer ses indemnités.



J.G.-A.

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