Publié le vendredi 28 septembre 2012 à 11H00 - Vu 123 fois
Irène Guyot se fait la porte-parole de son défunt mari.
Irène Guyot souhaite promouvoir le don d'organes. Sans la greffe dont a bénéficié son mari, disparu cette année, ils n'auraient jamais vécu ensemble.
WILLIAM GUYOT a vécu deux vies. La première débute en 1939, dans les Vosges.
Dès 14 ans, il travaille dans un garage automobile de Romilly-sur-Seine. A 20 ans, il est incorporé, en Algérie, puis au Maroc.
Rapatrié sanitaire après des blessures à la jambe et aux reins, il obtiendra le Titre de Reconnaissance de la Nation, la Croix du Combattant et la médaille d'Afrique du Nord.
A partir de 1986, l'existence de William change : il subira trois ans de dialyse, après ses journées de travail comme mécanicien dans une entreprise agricole, toujours dans l'Aube.
Le 1er mars 1989, il sera finalement transplanté, à Reims.
C'est là qu'il fait la rencontre d'Irène, qui travaille en néphrologie, comme aide-soignante.
« On a sympathisé, raconte-t-elle. Je prenais des nouvelles, par téléphone ensuite… De 89 à 93, quand il venait se faire soigner, on se voyait et quand j'étais en repos, j'allais le voir. »
Le couple ainsi formé se marie le 24 avril 1993, peu avant le départ à la retraite d'Irène.
En 1999, ils déménagent dans les Ardennes, dans le petit village de Neuville-Day.
« Il a toujours été suivi médicalement, avec des allers-retours à l'hôpital, car, en plus, il a eu une hépatite C après une transfusion et un cancer du poumon à la fin de sa vie, raconte Irène Guyot. Il disait souvent que l'hôpital, c'était sa deuxième maison. »
« Le don d'organes est précieux »
Malgré le « calvaire » que William aura vécu ces dernières années, il s'est toujours montré reconnaissant envers le donneur qui a permis la greffe en 1989.
Il répétait souvent : « C'est dommage que je ne le connaisse pas. Je ne le remercierai jamais assez. Grâce à la transplantation, j'ai eu un sursis de 23 ans… »
Un message aujourd'hui fidèlement relayé par celle qui n'a jamais cessé d'être à ses côtés. « Le don d'organes est précieux. En dialyse, j'ai vu des gosses, des jeunes filles qui n'ont pas tenu le coup… »
Cet homme décrit comme « attachant », qui aimait la nature, avait obtenu la médaille « bronze » de l'Union Nationale des Combattants en 2007 (il faisait partie de la section depuis son arrivée dans la commune).
Soigné pendant un mois par l'HAD (hospitalisation à domicile) de Vouziers, il a finalement lâché prise cette année.
Mais, sans sa greffe, l'histoire se serait arrêtée bien plus tôt, redit sa veuve.
Elle aimerait que l'on respecte ce destin, et que le message de William Guyot soit entendu.
Jacques BERTHION
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