Publié le jeudi 09 février 2012 à 11H06 - Vu 319 fois
Taxi à Chouilly, Pascal Clouet a perdu 645 € dans l'escroquerie. De nombreux artisans sont sans doute concernés.
EPERNAY (Marne). Un site web 100 % gratuit? L'offre était alléchante, mais trop belle… Une escroquerie à 180 € par mois destinée aux professions libérales. Arnaque, mode d'emploi.
ET pourtant, ils se méfiaient… Pascal Clouet, artisan taxi à Chouilly est tombé dans le panneau, comme tant d'autres. « Lorsqu'ils sont venus me démarcher avec leur offre de site internet gratuit, j'ai hésité. Mais je me suis laissé convaincre ». Il faut dire que l'affaire était drôlement bien ficelée. « J'ai eu un premier contact avec une société, Webdia, en juillet 2011. Ils m'ont proposé un site internet gratuit : je devais payer 180 € HT de frais d'hébergement, mais ils me remboursaient en annonces publicitaires pour le même montant », explique l'artisan taxi. Pour les escrocs, le timing était parfait : Pascal Clouet cherchait justement à doter son entreprise d'un site.
Bouche à oreille fatal
Des réticences, il en a eu : « Une offre gratuite, c'est louche. Mais ils m'ont d'abord dit qu'ils cherchaient à se faire connaître dans la région. » C'est l'argument du bouche-à-oreille qui a toutefois convaincu l'artisan : « Ils m'ont donné des références d'autres professionnels qui avaient monté leur site par Webdia. J'ai pris contact avec une coiffeuse dans le sud. Elle était très satisfaite. » Alors Pascal Clouet a signé.
Tatiana Schlischka, diététicienne à Châtillon-sur-Marne, a été approchée fin juillet 2011 dans les mêmes circonstances. Au stade des vérifications, c'est Pascal Clouet qu'elle a appelé pour lever ses doutes.
« Nous sommes des cibles faciles »
« Et tout se passait comme prévu, reprend le patron. Mon site était monté, tout avait été fait de façon très pro. Je payais les 180 € et je percevais la même chose en publicités. » Tatiana s'est lors laissée convaincre… Comme eux, un Pizzaïolo de Châtillon- sur-Marne, un vigneron de Chamery et un autre de Chavot-Courcourt ont signé avec le prestataire.
Après avoir attiré suffisamment de victimes (il est impossible de les dénombrer pour l'heure), Webdia a joué sa dernière carte en décembre : « D'un seul coup, les remboursements en publicités ont cessé. Mais les prélèvements se poursuivaient », affirme la diététicienne. Le contrat était pourtant signé pour quarante-huit mois, tant pour l'hébergement que pour la publicité. Le temps de s'en rendre compte et de faire opposition, l'arnaque avait fonctionné. Préjudice : 645 € pour l'un, 450 € pour l'autre.
Depuis, les responsables de Webdia sont bien entendu injoignables. « Les artisans sont des cibles faciles, se lamente Pascal Clouet. On a le nez dans le guidon, on reçoit des tonnes de propositions. Il y a quelques mois c'était les faux RSI, puis ces sites web, c'est compliqué. »
Tous deux ont porté plainte il y a quelques jours. Ils invitent les autres travailleurs indépendants victimes de l'arnaque à se faire connaître, puis à se joindre à eux dans une procédure commune (lire en pages départementales).
Dans le sud, une arnaque peut-être perpétrée par la même équipe, et étrangement similaire, a délesté plus de 1 000 professionnels de sommes non négligeables.
Fabrice ALVES-TEIXEIRA
Les professionnels victimes de cette arnaque sont invités à se faire connaître par e-mail à pascal.tatiana.contre.w@orange.fr
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