Publié le mardi 09 février 2010
À en croire L'Express, Reims se place dans les villes très moyennes, la meilleure place étant la 24e pour Jean-Jaurès (ci-dessus), pour l'option Lettres, langues et sciences humaines.
Herve Oudin
«C E ne sont pas les prépas qui font les bons élèves. Ce sont les bons élèves qui font les bonnes prépas. » Au Rectorat, les spécialistes des classes préparatoires se méfient des classements édités par les médias parisiens, dans la mesure où les critères retenus faussent la vision que l'on peut avoir de la réussite d'un élève. Si on le prenait à la lettre, le classement publié récemment par le magazine L'Express ferait fuir tous les étudiants de Reims.
Trois lycées rémois proposent des classes prépas : Roosevelt (430 élèves), Clemenceau (400), et Jean-Jaurès (120). Les deux premiers forment les futurs élèves des grandes écoles de commerce ou d'ingénieurs. Le troisième, plutôt Normale Sup.
À en croire L'Express, Reims se place dans les villes très moyennes, la meilleure place étant la 24e pour Jean-Jaurès, pour l'option Lettres, langues et sciences humaines. Les autres tournent entre les 35e et 63e places. Lyon, Paris et Versailles raflant les meilleures notes.
Le problème, indiquent le Rectorat et les trois lycées, c'est que ce classement ne s'intéresse qu'à sept des plus grandes écoles d'excellence. Il ne tient donc pas compte de toutes les autres écoles, même de grande réputation comme Normale Sup, Sud-Optique ou Ponts & Chaussées, indique un prof de Roosevelt.
Des éléments subjectifs
Tous les Rémois rappellent que leur objectif prioritaire « est de faire entrer les élèves dans la meilleure école possible en fonction de leurs capacités réelles. Plus leur niveau est élevé, plus ils intègrent des écoles de niveau élevé », résume un prof de Roosevelt.
Suivre les cours de prépa à Reims n'empêche d'ailleurs pas les meilleurs de rejoindre les écoles les plus prestigieuses retenues par le classement de L'Express. Ce dernier s'appuyant uniquement sur des critères techniques, il ne tient pas compte des éléments subjectifs qui touchent les familles autant que les élèves. Parmi ceux-ci, il y a la proximité, la limitation des dépenses (scolarité et vie quotidienne), l'encadrement des élèves par leurs professeurs, etc.
Problèmes d'adaptation
Et puis il y a l'adaptation de l'élève : « A Louis-le-Grand, les débuts sont très difficiles. Aussi, des élèves décrochent et loupent Polytechnique alors qu'à Reims, ils y seraient peut-être arrivés », estime le Rectorat. « Certains pleurent parce qu'ils ont échoué à Paris et pour qu'on les reprenne », sourit un proviseur.
« A Reims, on fait du cocooning », appuie le rectorat.
Les parents doivent donc faire attention au snobisme selon lequel l'herbe serait plus verte ailleurs. En tout cas les « prépas » rémoises font marcher l'ascenseur social : à Roosevelt, un élève sur trois est boursier.
J.-F. SCHERPEREEL




Réagissez