Publié le jeudi 03 juin 2010 à 09H29 - Vu 83 fois
La stèle inaugurée le 1er juin à Frasne en présence de sa famille et d'une délégation de la BA 112.
Une stèle a été inaugurée 70 ans jour pour jour à Frasne où le capitaine Accart, un as rémois du printemps 1940, avait dû sauter en parachute.
Mardi, soixante-dix ans jour pour jour après les faits, une stèle a été inaugurée dans les bois de la commune de Frasne dans le Doubs, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Pontarlier à la mémoire du général de division aérienne Jean-Mary Accart qui, capitaine en 1940, en pleine campagne de France, alors qu'il était à la tête de l'escadrille SPA 67 du Groupe de chasse 1/5 de Reims, a été grièvement blessé en service aérien commandé. Le 1er juin 1940, Accart est atteint par une balle tirée depuis un Heinkel 11 qui vient se ficher entre ses deux yeux. Le capitaine parvient par miracle à s'extraire de son cockpit et saute en parachute malgré sa très grave blessure. Le bras gauche retourné, il se brise une jambe en touchant le sol et est retrouvé inconscient. Il est dirigé en urgence vers un hôpital lyonnais. Les médecins parviennent à le sauver. Il choisit d'occuper sa convalescence pour rédiger un ouvrage : « Chasseurs du ciel » qui est un témoignage poignant sur l'action des pilotes de chasse pendant la campagne de France.
Autour du maire de Frasne, Philippe Alpy, d'une forte délégation d'anciens combattants en présence de la famille du général en particulier de son fils Bernard et de sa fille Laurence, une cérémonie émouvante a eu lieu. La BA 112 « commandant Marin-la-Meslée » qu'il a commandée du 12 septembre 1952 au 20 août 1955 avait dépêché une délégation composée du lieutenant de réserve Armel Péron et de Frédéric Lafarge, administrateur du musée de la base et chargé des relations publiques.
« Les Allemands ne l'auront pas »
La stèle signée Marcel Dichamp, un ferblantier retraité et passionné d'histoire a été érigée à l'endroit même où le capitaine Accart a été découvert évanoui. Elle reproduit le profil caractéristique d'une aile de Curtiss H 75, son avion comme celui de ses compagnons de combat Edmond Marin-la-Meslée, Michel Dorance, les Tchécoslovaques Aloïs Vasatko et François Périna, Maurice Tallent, Georges Lefol et François Morel pour ne citer que les as du 1/5 ayant remporté au moins dix victoires homologuées.
« Ces pilotes ont fait du 1/5 le groupe de chasse le plus titré de l'Armée de l'air à la fin de la campagne de France avec cent onze victoires, d'où ce surnom de groupe des 111 », rappelle Frédéric Lafarge qui vient de publier un ouvrage passionnant sur la BA 112 de Reims. Deux plaques de laiton sont fixées sur la stèle pour rappeler les circonstances du saut d'Accart. « Mon fidèle Curtiss a lui aussi terminé la guerre. Il est arrivé au sol à mille kilomètres à l'heure et s'est enfoui désespéré. Les Allemands ne l'auront pas », indique la seconde plaque. Avec cet appareil, Accart avait remporté la totalité de ses victoires, douze sûres et quatre probables. « Les restes du moteur, un Wright Cyclone à quatorze cylindres développant 1.200 chevaux est présenté depuis 2003 dans une des salles du musée de la BA 112. Ce Curtiss H 75, chasseur d'exception, a permis à douze pilotes de Reims de se classer parmi les quinze meilleurs as de la campagne de France, le meilleur étant Marin la Meslée avec seize victoires sûres et quatre probables », conclut Frédéric Lafarge. Accart a terminé sa carrière comme général de division, commandant la Force aérienne tactique.
Il était Grand-croix de la Légion d'honneur et titulaire de la croix de guerre avec onze citations. Il est décédé le 19 août 1992. L'un de ses fils disparu prématurément vivait à Bazancourt et était un ami du Musée et de la BA 112.
H. Ch.
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