Publié le jeudi 18 novembre 2010 à 12H00 - Vu 160 fois
A Braux-Saint-Rémy, l'arrêt du bus aurait bien besoin d'être mis aux normes et la commune se pose des questions sur la pertinence de son implantation actuelle.
Argonne Transport veut encourager les villages à mettre leurs arrêts de bus aux normes. Pour cela, le syndicat mixte et le conseil général mettront la main au portefeuille. Mais les communes devront en faire autant.
ON nous demande de sécuriser nos arrêts de bus, et bien on va s'y mettre ! » Bernard Rocha prenait hier un ton de circonstance pour s'adresser aux délégués communaux présents à l'assemblée générale d'Argonne Transport.
Pour mieux faire passer son message - qui risquait d'être perçu par les élus des villages comme un cadeau quelque peu empoisonné -, il avait mis un atout dans son jeu. « J'ai demandé au directeur adjoint des routes au conseil général d'être présent. » Une fois l'homme installé sur l'estrade de l'amphithéâtre du collège, il a enfin été question de choses concrètes.
La sécurisation des arrêts de bus, ainsi que leur mise aux normes en matière d'accessibilité handicapées, n'est pas encore obligatoire. Mais il ne reste guère que cinq années avant qu'elle le devienne. Or ces travaux sont coûteux. Selon la solution retenue - arrêt de bus le long de la route, en encoche ou encore sur une voie séparée - le budget démarre à 18 000 euros pour grimper à plus de 65 000. De quoi clouer quelques maires sur leur siège avec un bon mal de crâne.
Heureusement, après les mauvaises nouvelles, Bernard Rocha en avait une bonne : le conseil général devrait verser une subvention de 70 %, calculée sur 80 % des dépenses éligibles. En clair, il financerait un peu plus de la moitié des travaux (56 %). Une information qui faisait, sur les maux de tête de certains, le bruit de l'Efferalgan fondant doucement dans son verre.
Une vingtaine de dossiers attendus
Mais on n'en était qu'à la moitié du programme. L'effet du remède allait enfin se faire sentir. « On pourrait mettre un peu d'argent du syndicat mixte pour sécuriser les arrêts, proposait le président Rocha. Disons 20 % de ce que versera le conseil général. On peut monter jusqu'à 25 ! » Dans l'assemblée, certains pianotaient discrètement sur leurs téléphones portables histoire de déterminer la part restant à charge de leur commune. Résultat des calculs : grosso modo 30 %. Sans compter la construction éventuelle d'un abribus. « Là dessus, on pourrait aider. Disons sur un plafond de 5 000 euros, on financerait à hauteur de 25 % ».
Au fond de l'amphi, une déléguée ne cachait pas son inquiétude de voir le président du syndicat mixte délier aussi facilement les cordons de la bourse. « Madame, ne faites pas de cauchemars ! Le syndicat mixte a un peu d'argent. Et je m'attends à ce que nous ayons entre 15 et 20 dossiers. », assurait Bernard Rocha. Un peu d'argent ? « Il y a un million d'euros dans les caisses », glissait un élu en quittant la salle.
De quoi donner un coup de pouce aux communes, en effet. Et leur faire une fleur, aussi, au passage. Pour la deuxième année consécutive, elles sont dispensées de payer la cotisation de 2 euros par habitants qu'elles devraient verser au syndicat Mixte. Le conseil général verse en effet une subvention qui couvre les frais de transport scolaire.
Mais pour ce qui est de la sécurisation des arrêts, n'en déplaise au maire de la Neuville-au-Pont, pas question que le syndicat prenne tout en charge. Les élus vont donc devoir monter des dossiers sur lesquels ils pourront être conseillés par les services du département. Et il va falloir se décider vite : les demandes devront être bouclées le mois prochain pour un démarrage des travaux en mars-avril 2011.
Quant à savoir si le conseil général et le syndicat mixte reconduiront l'opération l'année prochaine… rien n'est moins sûr.
Stéphanie VERGER
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