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Aisne / Protection de la faune Recensement des chauves-souris en forêt de Saint-Gobain

Publié le lundi 16 février 2009 - Vu 31 fois


On étudiait sur cartes les sites à visiter, Brie, Fourdrain, peut-être Folembray…

On étudiait sur cartes les sites à visiter, Brie, Fourdrain, peut-être Folembray…

Francois FENE


« Depuis tout-petits, nous sommes des passionnés de la nature, à se promener dans les bois… Lui s'est orienté professionnellement dans cette voie. Moi, je suis dans le médico-social, mais je suis restée très intéressée par tout ce qui concerne la faune et la flore. »
En forêt de Saint-Gobain, Céline Pichenot, 30 ans, d'Anizy-le-Château, était, ce week-end, l'une des bénévoles ayant répondu à l'appel de son frère, Julian Pichenot, 28 ans, de Suzy, adhérent au Conservatoire des sites naturels de Picardie, et de Marie-Hélène Guislain, chargée d'études scientifiques au sein de cet organisme, spécialisée dans l'inventaire faune et flore, pour aboutir à l'élaboration de plans de gestion sur les sites à enjeux.
Il s'agissait, samedi, pour un groupe de vingt-cinq personnes - venues du bassin d'emploi mais aussi des secteurs de Soissons, Villers-Cotterêts ou de Reims - d'effectuer un comptage hivernal de chauves-souris dans leurs cavités souterraines.
Au moment de la composition des groupes, Marie-Hélène Guislain expliquait que l'on estime à sept cents individus, toutes espèces confondues, le nombre de chauves-souris sur le massif gobanais.
« C'est important d'effectuer un suivi des effectifs à long terme, de voir comment se portent les espèces, et de mettre en place, avec l'ONF (Office national des forêts), la protection de certains sites où hibernent ces animaux. » Julian Pichenot et Nicolas Harter, 23 ans, du Regroupement des naturalistes ardennais (Renard), confirmaient : « Les chauves-souris sont des espèces bio-indicatrices, sensibles aux polluants. Un effectif à la baisse est signe de dégradation du milieu de vie ».
Pour l'ONF, Jérôme Jaminon, responsable du bureau d'étude régional, était présent : « Nous sommes chargés d'élaborer le document d'objectifs pour la zone Natura 2000 sur le massif. Après l'état des lieux, il y aura la définition des actions à engager sur six ans, pour conserver espèces et habitats ».
L'opération de ce week-end l'intéressait tout particulièrement : « Il y a au moins huit cavités souterraines où hibernent les chauves-souris qui sont intégrées à la zone Natura 2000. Trois ont déjà été fermées au public pour protéger leurs hôtes. Il faut agir sur les cinq autres, dans les deux ou trois ans qui viennent. C'est assez long et coûteux, avec la pose de grilles métalliques adaptées, permettant de laisser passer les chauves-souris et d'interdire l'entrée des gens ».
Samedi matin, des plans étaient distribués, indiquant les lieux à visiter dans la première partie de journée, à Brie (champignonnière), Fourdrain (carrière) ou au Fort de Laniscourt, avant un regroupement pique-nique à Saint-Nicolas-aux-Bois. Marie-Hélène Guislain et Julian Pichenot donnaient leurs dernières instructions : « Ne pas parler trop fort, ne pas les éclairer directement, ne pas rester sous les chauves-souris, car rien que la chaleur du corps peut les réveiller… »

François Fené

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