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Accueil en crèches: « On ne peut pas répondre à toutes les demandes »

Publié le mercredi 30 juin 2010 à 10H07 - Vu 333 fois


Laurence Delvincourt, adjointe chargée de la petite enfance.

Laurence Delvincourt, adjointe chargée de la petite enfance.


REIMS (Marne). Adjointe à la petite enfance et à la famille, Laurence Delvincourt fait le point sur le dossier des crèches. Sans langue de bois.

APRÈS plus de deux ans, quel bilan tirez-vous de votre action au service de la petite enfance ?
Laurence DELVINCOURT : « Quand nous sommes arrivés, la maire Adeline Hazan a tenu à ce qu'il y ait un poste d'adjoint spécifique à la petite enfance et à la famille car Reims ne gérait aucune crèche il y a deux ans et demi. Il y avait celles de la Société protectrice de l'enfance que la Ville subventionne à 24 %, la Farandole et les crèches de maisons de quartier cofinancées par la Caf. Il manquait des structures en centre-ville et sur Clairmarais où rien n'avait été prévu malgré le nombre important de constructions. Nous en avons créé qui sont rattachées au centre communal d'action sociale ».
Vous avez créé la halte-garderie dans l'école Pouply en décembre 2009. Ça fonctionne bien ?
« Pour 7 000 euros, nous avons acheté du matériel pour la salle de motricité afin d'accueillir 18 enfants de 4 mois à 4 ans. On s'aperçoit que la fréquentation est plus régulière le mercredi. Cette halte est fréquentée à 7 % par des enfants d'artisans, 14 % de cadres et professions libérales, 21 % de demandeurs d'emploi, 50 % d'employés et 7 % d'inactifs. »


Et la crèche Jean-Jacques-Rousseau ?
« C'était dans notre programme. Cette crèche compte 28 places dont trois pour des urgences. Elle accueille aussi quatre enfants handicapés et il y a une salle pour les handicapés auditifs. Mais compte tenu de l'amplitude horaire - de 7 h 30 à 19 h 30 - elle peut concerner 150 familles. Elle emploie 14 personnes qui travaillent en alternance aussi sur la halte-garderie Pouply. Elle a coûté 500 000 € financés par moitié par la Caf. Elle est fréquentée par 1 % d'enfants d'artisans, 15 % de cadres et professions libérales, 18 % de demandeurs d'emploi, 47,8 % d'employés, 5 % d'inactifs. »


Maison-Blanche : 40 places en 2012


Parvenez-vous aujourd'hui à répondre à toutes les demandes ?
« Non malheureusement. Afin de mettre tout le monde sur le même pied d'égalité, nous avons créé le service intitulé « Le Berceau » où sont centralisées toutes les demandes des familles, dans un bâtiment de la Caf au 20-22, rue du Ruisselet.
On a fait un bilan en mai. On avait 70 demandes pour le centre-ville. La commission a dit OK à 75 %, non à 5 % et pour les autres on a proposé d'autres structures. Pour Jean-Jacques-Rousseau, on a 50 demandes. On a dit non à 34 %, oui à 6 % (3) et aux familles restantes nous avons fait d'autres propositions. Pour les maisons de quartier, on a eu 57 demandes. On a dit oui à 77 % d'entre elles, non à 7 %. Le reste a eu des propositions. Il y a eu 300 demandes à la Société protectrice de l'enfance. C'est bon pour 55 %, c'est non pour 19 %, 4 % sont en attente et le reste a d'autres propositions.
Les personnes, à qui l'on a dit non, doivent repasser en commission ce mercredi 30 juin. Au final, nous avons 12 lettres de réclamation de familles. Ce qui est dur, c'est que nous ne pourrons jamais répondre à toutes les demandes tout en sachant que sur les 3 900 enfants de 0 à 3 ans accueillis sur Reims, 2 700 le sont par des assistantes maternelles. »


Où en est le projet de crèche à Maison-Blanche ?
« Ça avance bien. Nous avons choisi de le faire au sein du groupe scolaire Maison-Blanche en déplaçant les maternelles en primaire de façon à ce que la crèche soit juste en face l'hôpital américain. On a travaillé en amont avec l'école, les structures médicales, le professeur Morville, l'institut Michel-Fandre et le centre d'accueil médico-précoce. Cette crèche d'une capacité de 40 places ouvrira en 2012 et aura une grande amplitude horaire qui pourrait aller de 6 heures à 21 h 30-22 heures. »


Vous êtes très inquiète sur les menaces qui pèsent sur la scolarisation des enfants de moins de 2 ans ?
« Oui il y en a près de 200 scolarisés dans les maternelles de Reims. S'ils ne peuvent plus aller à l'école, comment vont faire les parents qui travaillent et ont besoin d'un mode de garde ? Les murs des crèches rémoises ne sont pas extensibles. »


Moins de diplômés en micro-crèches


Vous êtes un peu remontés contre le développement des micro-crèches ?
« Elles se sont développées parce qu'il y avait des demandes non satisfaites. On nous a dit au départ que c'était expérimental, qu'il y aurait une évaluation et finalement elles sont devenues pérennes alors qu'elles n'ont pas les mêmes contraintes. Ils peuvent implanter une crèche pour dix enfants dans un appartement sans faire de gros travaux. Ce sont des entrepreneurs et leur service coûte plus cher qu'une crèche associative. M.Roger, de la Caf, a dit aussi l'autre jour que ça empêchait la mixité sociale.
Certaines micro-crèches associatives reçoivent aussi des subventions du Département qui nous les refuse à nous, Ville de Reims, au prétexte que ça ne rentre pas dans leur démarche.
De plus les micro-crèches ne sont pas obligées de recruter un directeur qui a un diplôme de qualification petite enfance alors que la Ville et les autres crèches doivent recruter des personnes auxiliaires puéricultrices et des éducateurs jeunes enfants. Je suis d'ailleurs aussi scandalisée par le nouveau décret qui augmente la charge de travail pour les auxiliaires de vie qui devront s'occuper de 6 enfants qui ne marchent pas ou de 9 enfants contre 5 et 8 auparavant.
Mais je ne veux pas tirer à boulet rouge sur ces mini-crèches, car cela correspond à une demande de familles. Nous en avons besoin et ça peut intéresser des parents qui gagnent peu mais n'ont pas besoin de beaucoup d'heures de garde. »
Propos recueillis par Alain MOYAT

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Les dernières contributions


vanejules

02/07/2010 à 09h16

Bonjour à tous,

Directeur de Micro-Crèche, je m'inscris en faux face à la vision négative de Mme Delvincourt qui met tout le monde dans le même panier et donne de fausses informations...
En revanche ce qui est sûr, c'est que les micro-crèches créent des places pour les familles et offrent des emplois pour les diplômé(e)s de la petite enfance, la Mairie peut-elle en dire autant ?...
Mme Delvincourt ne fait que valider une position politique au détriment de l'intérêt des citoyens et cela est bien dommage... car le problème central reste que les familles Rémoises ont du mal à obtenir des places en crèche et ce malgré le "guichet unique petite enfance" qui concrètement n'a créé que de faux espoirs...
J'aimerais beaucoup avoir les témoignages des familles utilisant les services des micro-crèches...

Bonne Journée

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